Dulcamara
par James Tyler Kent — Leçons de matière médicale homéopathique
Dulcamara - Douce-amère - LEÇONS DE MATIÈRE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE par JAMES TYLER KENT, A.M.,
M.D.
LEÇONS DE MATIÈRE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE
Ancien professeur de matière médicale au
Hering College, Chicago.
Dulcamara
- Douce-amère
Ce médicament semble affecter tout particulièrement les muqueuses. Il paraît
avoir une tendance à établir des écoulements, ou à les amener à leur terme, tant aigus que chroniques.
Modalités
: Le
patient Dulcamara
est troublé par tout changement de temps, du chaud au froid,
du sec à l'humide, et par le refroidissement soudain du corps pendant la transpiration. Il est amélioré par
un temps sec et uniforme ; le froid et l'humidité aggravent tous les états. Il est pire le soir et la nuit,
et pendant le repos.
Diarrhée
:
Dulcamara
produit un catarrhe de l'estomac, des intestins, du nez, des yeux, des oreilles, et
des états inflammatoires de la peau avec éruptions. Si l'on examine l'un quelconque de ces troubles en
détail, on est frappé de voir à quel point l'état constitutionnel de ce patient est perturbé par les
changements de temps.
C'est un médicament merveilleusement utile dans la diarrhée, à la fin de
l'été, par journées chaudes et nuits froides, avec selles variables ; diarrhée des nourrissons. Il semble
ne pas y avoir de digestion ; selles jaunes, glaireuses ; selles jaune verdâtre, avec aliments non digérés ;
selles fréquentes, sang dans les selles et grande quantité de glaires, montrant un état catarrhal marqué.
Cela va mieux puis plus mal ; cela s'améliore sous les remèdes ordinaires ;
très souvent cela s'améliore avec
Pulsatilla
, parce que les symptômes de
Pulsatilla
semblent
prédominer, et parfois c'est calmé par
Arnica
; mais chaque fois que
enfant prend froid, cela revient, et bientôt le médecin s'aperçoit qu'il n'a pas touché le remède
correspondant à l'ensemble des symptômes. C'est très souvent un état pénible, parce que les symptômes ne
sont pas reconnus avant deux ou trois accès. Il n'est pas facile de découvrir que les accès viennent du
froid.
Bébés
: Chaque année, les
femmes ramènent leurs bébés des montagnes, à la fin de la saison, et c'est alors que nous avons quelques
cas de Dulcamara. Il faut être à la montagne à la fin de l'été pour savoir en quoi consiste cet état.
Si vous allez dans les montagnes à cette époque, soit dans le Nord soit
dans l'Ouest, vous remarquerez que les rayons du soleil frappent avec une grande force pendant la journée,
mais vers le coucher du soleil, si vous sortez, un courant d'air froid descend et vous glace jusqu'aux os.
Cela rendra le bébé malade ; il fait trop chaud pour sortir l'enfant au
milieu du jour, aussi le sort-on le soir dans sa voiture ; il a été surchauffé dans la maison pendant la
journée, puis il attrape ce courant d'air le soir.
Dulcamara
convient aux états qui naissent précisément
d'un tel ensemble de circonstances. De même chez l'adulte qui a été exposé à l'ardeur du soleil et attrape
le courant froid pendant la nuit, ce qui signifie journées chaudes et nuits froides, comme à l'automne, à
la fin de l'été et à l'entrée de l'hiver ; ce mélange d'air chaud et de courants froids.
Si, après une journée chaude, vous montez vers le pied des collines,
vous traverserez une couche d'air qui vous fera transpirer, puis l'instant d'après un air froid qui vous
fera réclamer votre pardessus, puis de nouveau une couche d'air chaud, et ainsi de suite.
Un tel état fera sortir la sueur puis la supprimera. Les symptômes que
produit Dulcamara ressemblent à ceux qui naissent précisément de telles causes. Nous sommes donc fondés à
inférer d'une telle expérience que Dulcamara guérit ces cas.
J'ai été autrefois embarrassé par ces bébés qu'on avait ramenés des
montagnes, et j'ai prescrit d'après les symptômes visibles, jusqu'à ce que je réfléchisse attentivement à
la question et comprenne qu'ils venaient de ces régions alternativement chaudes et froides.
Il faut parfois ramener précipitamment les bébés à la maison, à cause de
diarrhées qu'on ne peut guérir à la montagne, mais une dose de
Dulcamara
leur permettra d'y rester
de vivre dans ce même climat. Dysenterie chronique récidivante par refroidissement. S'ils reçoivent une
dose de
Dulcamara
, cela les fortifie contre le fait de prendre froid continuellement.
Diarrhée
: Il est
certaines professions qui constituent véritablement un état
Dulcamara.
Supposons que nous considérions nos marchands de glaces, nos manutentionnaires de glace et les hommes des
entrepôts frigorifiques ; dans une chambre froide ils manipulent de la glace ; le temps d'été est chaud,
ils doivent sortir prendre la chaleur, puis ils retournent dans leurs chambres froides manier la glace.
J'ai vu ces choses et j'ai eu l'occasion de les suivre. Ces hommes sont sujets parfois à des troubles
intestinaux et à d'autres affections catarrhales, mais surtout à des affections diarrhéiques.
Leur travail ne peut s'arrêter parce que c'est leur moyen d'existence.
Dulcamara
guérit de telles diarrhées chroniques lorsque les symptômes concordent.
Arsenicum
est un médicament qui
conviendrait à de tels patients si les symptômes concordaient, mais parfois les symptômes concordent avec
Dulcamara
, car telle est la nature du remède : prendre froid dans un lieu froid et humide avec suppression
de la sueur, passer d'une atmosphère chaude dans une glacière, dans des pièces glaciales, dans des chambres
froides ; sous ce climat, les troubles qui surviennent après surmenage, surchauffe, puis abandon des
vêtements et refroidissement avec suppression de la sueur ; des fièvres peuvent s'ensuivre, douleurs dans
les os, tremblements avec les douleurs, tremblements musculaires, et, à mesure que la fièvre progresse, le
patient est dans un état pénible, ne peut se souvenir, oublie ce qu'il allait dire, oublie le mot qui
exprimerait naturellement son idée, et tombe dans un état d'hébétude, un état de confusion.
Cela convient à ces rhumes avec circulation cérébrale paresseuse, avec
tremblement et sensation de froid, froid comme dans les os.
Rhumatisme
:
Dulcamara
est plein de rhumatisme, plein de douleurs rhumatismales et de courbatures,
avec sensibilité douloureuse et sensation de contusion dans tout le corps ; les articulations sont
enflammées, deviennent rouges, sensibles au toucher et tuméfiées. Il convient, dans les cas de rhumatisme
inflammatoire, dus à une
suppression de la transpiration
,
provoquée par le passage d'une température élevée à une température basse, ou
par un temps froid et humide. Pire le soir et la nuit, et pendant le repos.
Or, il possède beaucoup d'affections chroniques. État catarrhal des yeux,
écoulements purulents, écoulements épais, jaunes, paupières granuleuses ; les yeux deviennent rouges chaque
fois qu'il prend froid ;
« chaque fois qu'il prend froid, cela se fixe sur les yeux »,
est une expression commune du patient. Le patient
posera souvent la question :
« Pourquoi donc, docteur, que chaque fois que je prends froid cela se
fixe sur mes yeux ? Si je me mets dans une atmosphère froide, ou si j'ôte mon manteau après avoir eu
chaud, il faut que je fasse attention. »
S'il fait froid dans la nuit et qu'il a rejeté les couvertures,
il prend froid, ou si une pluie froide survient, il prend froid et a ensuite les yeux douloureux.
De tels yeux sont très souvent guéris efficacement par
Dulcamara
. Quant à
l'œil lui-même, ce n'est qu'un état catarrhal ordinaire, mais la manière dont il survient est la chose
importante. Telle est la nature du patient : avoir mal aux yeux chaque fois qu'il prend froid ; cela
appartient aussi à quelques autres remèdes, mais à celui-ci tout particulièrement.
Nez
: Dulcamara
présente aussi des écoulements catarrhaux du nez, avec
croûtes sanguinolentes ; il se mouche continuellement une mucosité épaisse et jaune.
Chez les nourrissons et les enfants qui ont le nez pris, ils sont toujours
pires par temps froid et humide. Quand le patient dit :
« Docteur, par temps froid et humide, je ne puis respirer par le nez ;
mon nez se bouche » ;
ou bien,
« Je dois dormir la bouche ouverte. »
Dulcamara
est un remède
très utile à connaître dans les cas catarrhaux qui se bouchent toujours lorsqu'il tombe une pluie froide.
C'est de façon marquée un remède d'automne. Les patients
Dulcamara
traversent
l'été assez confortablement ; leurs états catarrhaux disparaissent dans une large mesure ; les journées
chaudes et les nuits chaudes, grâce à la température uniforme, semblent leur convenir ; mais dès que les
nuits froides viennent et que surviennent les pluies froides, toutes leurs difficultés reviennent ; il y a
accroissement du rhumatisme et des écoulements catarrhaux.
Ce médicament est utilisé depuis longtemps par nos mères. Elles avaient
l'habitude de faire des onguents avec
Dulcamara
. Vous trouverez que la vieille dame, dans presque tout
district rural où pousse la Dulcamara, la recueille et en fait un baume pour les ulcères. Eh bien, il est
étonnant de voir combien cela est apaisant lorsqu'on l'applique en externe sur des plaies cuisantes, que
ce soit en solution, en pommade ou autrement. Mais c'est bien entendu un meilleur médicament lorsqu'il est
indiqué par les symptômes de l'état constitutionnel ; c'est un meilleur médicament s'il est employé à
l'intérieur.
Ulcères
: Il produit des
ulcères et une tendance à l'ulcération des muqueuses, et cet état devient phagédénique. Parfois cela
commence comme une simple éruption herpétique, mais cela s'étend et finalement du pus jaune se forme, puis
les granulations qui devraient venir ne viennent pas ; un processus rongeant apparaît et la surface ne
cicatrise pas.
Surtout le long du tibia il y aura des surfaces mises à vif, qui s'étendent
même jusqu'au périoste, jusqu'à l'os, produisant nécrose et carie ; nous avons ainsi des affections des
muqueuses ou de la peau, devenant d'abord vésiculeuses puis s'ouvrant et rongeant.
Il est particulièrement en rapport avec des ulcères très sensibles,
saignants, à fausses granulations, ulcères phagédéniques. Cela n'est pas généralement connu ; c'est une
question d'expérience chez ceux qui ont observé ce médicament ; et encore, chose étrange,
Arsenicum
,
que j'ai
déjà mentionné une ou deux fois, présente cet état.
Arsenicum
surpasse tous les autres médicaments pour
les ulcères rongeants,
les ulcères phagédéniques.
Arsenicum
est
un remède caractéristique pour les plaies qui s'étendent, pour les
ulcères extensifs, et spécialement ceux qui proviennent d'un bubon qui s'est ouvert et ne veut pas
cicatriser.
Peau
: Un autre trait
de ce médicament est sa tendance à faire sortir des éruptions sur tout le corps. C'est un médicament
merveilleusement éruptif, produisant vésicules, croûtes, croûtes sèches et brunes, croûtes humides,
herpès.
Dulcamara
produit des éruptions si proches de l'impétigo qu'on l'a trouvé utile dans cet état,
c'est-à-dire multiples petites éruptions semblables à des furoncles ; il produit de petits furoncles, et
les furoncles s'étendent.
Augmentation de volume et dureté des ganglions. Éruptions du cuir chevelu
ressemblant tellement à la croûte de lait que
Dulcamara
a été trouvé très utile. Sensibilité douloureuse
extrême, démangeaison, et la démangeaison n'est pas soulagée par le grattage ; le grattage se poursuit
jusqu'à ce que surviennent le saignement et la mise à vif.
Éruptions qui sortent sur la face, sur le front, sur tout le nez, mais
surtout sur les joues, qui deviennent complètement recouvertes de ces croûtes ; eczéma des nourrissons.
Des enfants de quelques semaines seulement présentent ces éruptions du cuir chevelu, et
Dulcamara
est l'un
des médicaments qu'il vous faudra connaître.
Il est indiqué à peu près aussi souvent qu'aucun autre médicament.
Sepia, Arsenicum, Graphites, Dul
camara,
Petroleum, Sulphur et Calcarea
sont à peu près également indiqués,
mais, parmi eux, du moins sous ce climat, je pense que
Sepia
est vraisemblablement plus souvent indiqué.
Tous ces symptômes catarrhaux, les symptômes rhumatismaux, les éruptions
de la peau, sont soumis aux aggravations particulières de l'état constitutionnel. Quels que soient les
symptômes, l'état constitutionnel est pire par temps froid et humide.
« Maux de tête catarrhaux et rhumatismaux par temps froid et humide. »
Mal de tête
: Lorsque le
mal de tête est le trouble principal, le catarrhe suit une autre marche que lorsqu'il constitue l'affection
principale. Cela se conduit de deux manières. Chez certains patients
Dulcamara
, chaque fois qu'il prend
froid par temps froid et humide, il commence à éternuer, à avoir une rhinite, et bientôt survient un flux
copieux, épais et jaune par le nez.
D'autre part,
Dulcamara
présente à son premier stade un catarrhe sec,
et seulement au second stade un catarrhe fluide.
Celui qui est sujet aux maux de tête de
Dulcamara
a le catarrhe sec ;
chaque fois qu'il prend froid, au lieu du flux catarrhal habituel qui le soulagerait, il éternue d'abord,
puis ressent une sécheresse des voies aériennes, un ralentissement de l'écoulement habituel, et alors il
sait qu'il doit faire attention, car bientôt viendront les douleurs névralgiques, douleurs à l'occiput,
puis finalement dans toute la tête. Maux de tête congestifs, avec douleurs névralgiques et nez sec.
Chaque période de temps froid et humide fera venir ce mal de tête. Le
catarrhe n'est pas toujours assez aigu pour qu'il y prête attention. Il n'en dit pas grand-chose. Le mal
de tête de
Dulcamara
est très violent, s'accompagne de douleurs considérables, et il peut aller chez le
médecin dans l'idée de se débarrasser du mal de tête, alors qu'il s'agit d'un état catarrhal supprimé,
ralenti, et que le nez devient sec.
Dès que l'écoulement recommence, son mal de tête est calmé. Alors ce mal
de tête de nature catarrhale, qui survient à chaque période froide et humide, ou après surchauffe, après
être entré dans un courant d'air froid quand on a eu trop chaud, ou après s'être surchauffé à cause de trop
vêtements puis avoir ôté son manteau, appartient aussi à l'état
Dulcamara.
Une forme d'éruption très susceptible d'être une éruption de
Dulcamara
est la teigne, herpes circinatus. Elle vient parfois sur la face et le cuir chevelu. Les enfants
ont parfois des teignes dans les cheveux.
Dulcamara
guérira presque
toujours ces teignes du cuir chevelu.
Oreille
: L'enfant
Dulcamara
est très sujet à l'otalgie.
« Rhinite sèche, soulagée par le mouvement, pire pendant le repos, et
réveillée par la moindre exposition, pire par l'air froid. »
Certaines rhinites ne supportent pas la pièce chaude, d'autres la
réclament. La rhinite de
Dulcamara
est pire en sortant en plein air et meilleure par le mouvement. La
rhinite de
Nux vomica
est meilleure en plein air. Le patient ressent dans le nez une pénible douleur
endolorie. Le patient
Nux vomica
désire ordinairement la chaleur, l'air chaud et une pièce chaude,
mais avec la rhinite il est exactement l'inverse ; il veut le mouvement en plein air, il recherche l'air
frais, car il soulage cette sensation pénible.
Dans la pièce chaude il y a une sensation de chatouillement dans le nez,
et le nez coule nuit et jour. La rhinite de
Nux vomica
est pire dans la maison, pire la nuit, et pire dans
le lit chaud, de sorte que l'écoulement se répand sur tout l'oreiller.
Dans
Dulcamara
elle est plus fluente dans la maison, dans la chaleur,
et moins fluente à l'air froid, dans une chambre froide. Avec la rhinite de
Dulcamara
, si le patient
devait entrer dans une chambre froide, une douleur commencerait dans les os du nez, il se mettrait à
éternuer, et de l'eau s'écoulerait du nez. Cet état même soulagerait un patient
Nux vomica.
Allium cepa
est aggravé dans une pièce chaude ; comme
Nux vomica
, il est amélioré par l'air froid et le plein air. Il
commence à éternuer dès qu'il entre dans une pièce chaude. Nous voyons ainsi le sens de telles choses, la
nécessité d'entrer dans le détail et d'examiner chaque cas.
Voici un état que vous trouverez souvent à l'automne, vers le 20 août.
On l'appelle parfois pollinose. Chaque année, quand les nuits deviennent froides, qu'il fait un temps
froid et humide et que viennent les pluies d'automne, le nez se bouche avec éternuements constants, et le
patient veut garder le nez au chaud.
J'ai connu de tels cas qui parfois s'asseyaient dans une pièce chaude
avec des linges essorés dans de l'eau chaude sur le visage et le nez pour soulager la détresse, l'état
catarrhal des yeux et l'obstruction du nez. La chaleur soulage l'obstruction du nez.
Ces patients peuvent parfois respirer avec ces linges chauds sur le nez,
mais s'ils sortent dans l'air du soir, ou dans un endroit froid, et surtout s'il tombe une pluie humide
d'automne, ils souffrent beaucoup. D'autres cas de pollinose souffrent pendant la journée, et ils vont
chercher l'endroit le plus froid possible, et sont même poussés vers les montagnes pour trouver un lieu
frais.
Ces choses sont indicatives d'un état de la constitution ; cet état émet
signes et symptômes pour conduire le médecin intelligent à la guérison. Si cet état n'avait aucun moyen de
se faire connaître par signes et symptômes, il ne pourrait être guéri par les remèdes.
« Écoulement abondant d'eau par le nez et les yeux, pire en plein air »,
« mieux dans une pièce close, au réveil le matin », etc.
Le patient
Dulcamara
est si sensible à l'herbe fraîchement coupée et
aux mauvaises herbes en train de sécher qu'il est contraint
de
s'éloigner de la campagne où
elles se trouvent.
Pollinose
: Pour la
pollinose, il faut surtout rechercher les remèdes qui ont des troubles pires à l'automne. Il existe
d'autres états qui sont tout autant de la pollinose, par exemple le «
rhume des roses
»
qui survient en juin.
Il y a d'autres états qui surviennent au printemps, parfois guéris par
Naja
et
Lachesis
. Ainsi
nous devons observer l'époque de l'année, le moment du jour, les aggravations nocturnes ou diurnes ; les
remèdes de l'humide et du sec, les remèdes du chaud et du froid. Nous devons étudier le remède d'après les
circonstances.
Le patient
Dulcamara
devient souvent un malade chétif, avec menace de
centralisation des écoulements catarrhaux dans les bronches,
c'est-à-dire dans
la muqueuse de l'appareil respiratoire. Beaucoup d'adultes meurent de phtisie aiguë qui auraient pu être
guéris par
Dulcamara
, et vous trouverez très communément parmi cette catégorie de patients ceux qui sont
pires à chaque période de temps froid et humide. Ceux-là entrent pleinement dans la sphère de
Dulcamara.
Ils vont mieux en allant vers le Sud où règne un climat continuellement chaud. Le patient
Dulcamara
est
un malade chétif, menacé de phtisie aiguë ; visage pâle, teint jaune maladif et terreux. Cela montre que
le remède agit profondément sur la vie, créant de tels désordres qu'on les rencontre chez des malades très
gravement atteints, c'est-à-dire chez des chroniques dont l'économie vitale est tellement troublée qu'elle
ne peut maintenir le corps en réparation.
Gorge
: La gorge a
elle aussi sa part de troubles. Personnes qui, à chaque période de froid humide, ont une pharyngalgie,
après s'être échauffées, avoir ôté leurs enveloppements, être entrées dans un endroit froid. Le patient
Dulcamara
dit :
« Eh bien maintenant, je sais que c'est fait ; me voilà refroidi ; je
commence à sentir de l'enrouement dans la gorge. »
La pharyngalgie survient ; elle se remplit de mucus, de glaire jaune ;
les amygdales s'enflamment ; même une angine phlegmoneuse peut survenir.
Ou bien cela peut affecter la gorge uniformément ; elle peut devenir
rouge, enflammée et sèche par moments, et à d'autres moments remplie de mucus, et pendant la nuit la gorge
se remplit d'un mucus épais, jaune, tenace, que l'on ramène en grande quantité. Ces rhumes qui se fixent
d'abord sur le nez et la gorge, catarrhe post-nasal des plus mauvais, s'étendent graduellement jusqu'à ce
que tout l'appareil respiratoire soit dans un état d'inflammation catarrhale.
Chaque rhume qu'il attrape aggrave son catarrhe où qu'il siège. S'il
siège dans le nez, alors le nez est aggravé ; s'il siège dans la poitrine, alors ces parties sont
aggravées. Une excitation continuelle. Tout médecin expérimenté a dû rencontrer de nombreux cas où,
pendant un temps, il s'est senti incapable de faire face au cas à cause de son incapacité à atteindre
l'état constitutionnel sous-jacent à cette tendance continuelle à prendre froid.
Il hésite donc longtemps, et prescrit pour l'accès immédiat, qu'il
pallie. Par exemple, l'accès immédiat peut ressembler à
Belladonna
ou
Bryonia, Ferrum phos. ou Arsenicum
,
etc. ; il traite cet accès sans tenir compte de l'état constitutionnel sous-jacent du patient. C'est une
occupation assez profitable pour celui qui a peu de conscience et peu d'intelligence.
Mais le médecin consciencieux se sent inquiet et sait qu'il ne fait pas
ce qu'il devrait faire pour son patient, à moins d'atteindre le remède qui touche la constitution. Il est
bien plus utile d'empêcher les gens de prendre froid que de guérir les rhumes.
Maladie de Bright
:
Il existe une forme de maladie de Bright aiguë que
Dulcamara
guérit. Vous pouvez sans doute maintenant
pressentir, d'après ce que nous avons dit de la nature du remède, que dans les cas de maladie de
Bright
à la suite de scarlatine, ou de malaria, ou de toute maladie aiguë qui s'est mal terminée,
c'est-à-dire où le patient a été exposé trop tôt au froid et a pris «
froid
», ou à la suite d'un
changement soudain de temps, humide et froid, les pieds commencent à enfler, il y a de l'albumine dans les
urines, les membres deviennent cireux, la face devient cireuse et terreuse, et il existe un besoin
constant de rendre les urines.
Dulcamara
, avec les autres symptômes constitutionnels, conviendra.
Dans le catarrhe de la vessie, lorsqu'il y a un écoulement abondant de
mucus, ou de muco-pus dans les urines ; lorsque l'urine reposée laisse un sédiment épais, purulent,
blanchâtre jaunâtre, et un besoin constant de rendre les urines ; chaque fois qu'il prend un peu froid,
l'urine devient sanguinolente, la fréquence des mictions augmente, l'urine devient irritante, le catarrhe
de la vessie se rallume comme une flamme, tous les symptômes sont pires par temps froid et humide, et par
refroidissement ; meilleurs en se réchauffant. Vous voyez donc que ce soit un catarrhe du rein, ou un état
catarrhal de la vessie, ou un accès de dysenterie, ou un accès de diarrhée soudaine, chaque période de
froid ramène une aggravation du trouble.
Il existe un autre symptôme de
Dulcamara
qui s'exprimera souvent
subitement au milieu de beaucoup d'autres symptômes. Après avoir cherché longtemps, le patient dira :
« Docteur, si je me refroidis, il faut que je me hâte d'uriner ; si
j'entre dans un endroit froid, il faut que j'aille à la selle, ou uriner. »
Nous voyons ainsi que les symptômes surviennent lorsque le patient a
froid, et qu'ils vont mieux lorsqu'il a chaud. Toute affection catarrhale de la vessie meilleure en été et
pire en hiver.
Dans les toux sèches, irritatives, qui sont des «
rhumes
»
d'hiver,
qui disparaissent en été et reviennent en hiver.
Psorinum
a une toux sèche, irritative, d'hiver.
Arsenicum
a une toux d'hiver.
« Une éruption sort sur la face avant les règles. »
« Comme prodrome des cataménies, avec excitation sexuelle extraordinaire,
éruptions herpétiques. »
Ses boutons de « rhume » sont très pénibles.
Les patients sont sujets à ces boutons de « rhume » sur les lèvres
et sur les organes génitaux.
Chaque fois qu'il prend « froid »,
herpes labialis, herpes preputialis.
« Affections catarrhales par temps froid et humide. »
« Mammae engorged, hard, sore and painful. »
« Glandes mammaires tuméfiées, inactives, sans douleur, avec
prurit, à la suite d'un "rhume" qui paraît s'y être fixé. »
« Toux, par atmosphère froide et humide, ou pour s'être mouillé. »
« Toux, sèche, enrouée et rude, ou lâche, avec expectoration abondante
de mucus et diminution de l'ouïe ; fièvre catarrhale. »
La toux est pire couché et dans une pièce chaude, et meilleure en plein
air.
Boiterie rhumatismale et raideur du dos pour avoir pris froid,
améliorées par le mouvement. Douleur tiraillante dans la région lombaire s'étendant aux extrémités
inférieures pendant le repos. Raideur de la nuque à chaque exposition au froid.
Douleurs lancinantes, déchirantes, rhumatismales dans les membres après
exposition au froid, améliorées par le mouvement, pires la nuit ou le soir, avec un peu de fièvre.
Sensation de douleur contusive dans tout le corps.
Verrues sur les mains, les doigts et la face.
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Séror 2000
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