Ambra grisea

par James Tyler KentLeçons de matière médicale homéopathique

Ambra Grisea - LEÇONS DE MATIÈRE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE par JAMES TYLER KENT, A.M., M.D.

LEÇONS DE MATIÈRE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE

Ancien professeur de matière médicale au
Hering College, Chicago.

Ambra Grisea

Vieillesse prématurée
: En considérant ce remède dans son ensemble, il vous apparaîtra que vous avez étudié les caractéristiques d'un être
prématurément

vieux.

Vous verrez souvent survenir chez un sujet de cinquante ans des symptômes qui ne devraient apparaître qu'à quatre-vingts, et, après avoir étudié ce remède, vous verrez que le même aspect est présenté, une vieillesse prématurée.

Nous reconnaissons un tremblement et une forme particulière de faiblesse qu'aucune expression ne peut mieux décrire que la sénilité ; ce n'est pas l'état confusionnel de la maladie, mais l'état particulier que nous reconnaissons chez les vieillards, au déclin de la vie ; tremblement
et démarche chancelante, avec état d'esprit rêveur et oubli.

Il passe d'un sujet à l'autre, pose une question et, sans attendre qu'on lui réponde, en pose une autre.

Ainsi il saute d'un thème à l'autre. On ne peut guère parler de confusion, c'est un état d'esprit rêveur, un état de sénilité.

Ce remède est utile quand un tel état se rencontre chez des sujets jeunes, quand l'esprit n'est pas aliéné et pourtant faible. Il est surtout indiqué chez les personnes qui manifestent une curiosité momentanée, fugitive,
passant d'un sujet à l'autre.

Souvent un malade me pose une question après l'autre, sans jamais attendre la réponse à la première, un bavard volage et inconsistant, qui ne semble pas se rendre compte que je n'ai pas répondu à ses questions ; ce malade-là, me dis-je, a besoin d'Ambra grisea.

Cet état mental appartient avec une telle fréquence aux femmes du monde modernes que vous serez surpris de l'observer de tous côtés.

Une belle mondaine moderne qui ne saurait pas repriser le talon de son bas pour sauver son âme tombera, en quelques années, exactement dans cet état, et même
Ambra
ne la guérira pas.

Mais il existe une sorte de maladie nerveuse manifestée par ces symptômes qu'
Ambra grisea
guérira. L'alternance d'abattement moral avec véhémence du caractère est un autre trait. Cela appartient naturellement à la vieillesse.

Une période de très grande excitabilité est souvent suivie d'abattement, d'un état d'indifférence à tout, à la joie, au chagrin, aux gens, etc., traitant avec indifférence des choses qui briseraient naturellement le cœur d'une personne équilibrée.

Il ne s'étonne même pas de ne pas être ému par ces choses extraordinaires, tant l'état d'indifférence est marqué. Beaucoup des troubles sont
pires le matin.

Il se lève avec confusion et lourdeur mentale, dans un état rêveur, et vers le soir il prend des symptômes de folie.

Vertige
:
Ambra
est l'un des médicaments le plus souvent indiqués dans le vertige simple, banal, sans caractère défini,
des vieillards.

Le vertige est tel qu'ils ne peuvent sortir dans la rue ; si étourdis en se levant le matin qu'ils doivent attendre un moment avant de pouvoir se remettre sur leurs pieds. C'est le vertige qui appartient à la sénilité et à la vieillesse prématurée.

Esprit
: Or, lorsque cet homme entreprend de méditer sur quelque chose, ses idées lui sont enlevées. C'est une sorte de confusion avec
disparition des idées.

Il doit faire à plusieurs reprises un effort inhabituel pour ramener ses pensées à leur point de départ avant de pouvoir concentrer son esprit pour méditer sur une idée.

Mais, tandis que la concentration de l'esprit est difficile, il est contraint de s'asseoir et de
ruminer les choses les plus pénibles
qui s'imposent à lui, et il ne peut s'en débarrasser.

C'est quelque peu analogue à
Natrum mur.,

mais le trait particulier de
Natr. mur. est
qu'elle aime à s'attarder sur les événements pénibles du passé et reste éveillée la nuit à y penser.

Ambra grisea
est forcé
de s'attarder sur de telles choses. Images, faux visages, imaginations hideuses, fantaisies et visions l'importunent et le tiennent éveillé.

Dans cet état semi-rêveur, ces grimaces restent sans cesse devant son esprit. Un tel état mental peut survenir à la suite d'embarras d'affaires, avec vertige,
congestion à la tête et épuisement mental.

Une chose traverse tout ce remède : la
présence d'autres personnes aggrave les symptômes ;
il y a aussi une
aggravation marquée par la conversation.

Une femme, soignée par une garde, est incapable d'aller à la selle sans envoyer la garde dans une autre pièce. Malgré de grands efforts, elle ne peut rien faire à moins d'être seule.

Il est dit dans
Natr. mur.
que le malade ne peut rendre les urines en
présence d'autres personnes.

L'urine ne vient pas quand quelqu'un se trouve à proximité. Cela fait partie des caractéristiques générales de ce remède. Confusion d'esprit et embarras en présence d'autres personnes. Embarras en société. Dès qu'il entre en compagnie, surviennent rougeur, tremblement, surexcitation nerveuse et disparition des pensées.

Avec ces symptômes, le malade s'imagine qu'il devient fou et, finalement, il sombre dans un état de
mélancolie,
de tristesse et de désespoir, et ne veut plus vivre. Il
prend sa vie en dégoût et veut mourir.

« Grande tristesse. »

« Mélancolie, reste assis des jours entiers à pleurer. »

Tel est l'état mental de ce sujet prématurément vieilli, à constitution ruinée. C'est l'image d'une épave, et la question se posera, lorsque vous trouverez un malade qui a cet aspect et agit ainsi, de savoir si vous l'avez reçu à temps pour le guérir.

Vous voyez facilement que vous avez devant vous quelqu'un qui décline et va vers une folie sous une forme ou sous une autre. Un médecin voit le précurseur d'un grand effondrement quand il rencontre un malade
Ambra grisea
avec cet état mental nerveux, ces frémissements, ce tremblement et cette excitation chez un homme jadis fort et vigoureux.

Quelque grand choc d'affaires ou domestique est tombé sur ce malade. Ce n'est pas l'aspect que vous voyez lorsqu'une phtisie s'annonce ; vous n'observez pas l'état cachectique, mais c'est une prostration du système nerveux, une prostration mentale.

Un homme traverse l'épreuve d'un décès après l'autre dans sa famille et il semble ne plus rien lui rester ; il ne peut regarder cela avec philosophie ; il a perdu ses affaires et ses amis, puis il devient rêveur et se demande si la vie vaut la peine d'être vécue.

C'est alors que vous obtenez l'aspect
Ambra
grisesa.

Modalités
: Beaucoup des
troubles surviennent le
matin
et beaucoup surviennent
après avoir mangé.

« Vertige avec sensation de poids au vertex ; pire après le sommeil, »
mais surtout le matin.

Ce n'est pas mentionné dans le texte, mais c'est aussi pire après avoir mangé.

« A dû se coucher à cause du vertige et d'une sensation de faiblesse à l'estomac. »

À travers les symptômes nerveux, nous retrouvons que la musique est
intolérable
;
la musique le fait trembler, aggrave ses symptômes mentaux et lui donne dans le dos une douleur comme produite par un marteau.

Un certain nombre de symptômes physiques sont provoqués par l'audition de musique. Les sons semblent comme une substance matérielle qui le saisit.

Les troubles sont souvent
unilatéraux ;
sudation d'un côté du
corps ou sudation du côté atteint.

« Du côté droit de la tête, un endroit où les cheveux, quand on le touche, font mal comme s'il était sensible. »

La même sensation se retrouve dans le cuir chevelu, hypersensible au toucher.

« Le cuir chevelu est sensible le matin au réveil ; ceci est suivi d'une sensation d'engourdissement. »

Vous trouverez le mot
engourdissement
revenir dans ces troubles.

Vous trouverez une forme particulière d'engourdissement, telle qu'elle appartient aux vieillards. Sensibilité diminuée des parties ; circulation affaiblie.

Yeux
: De nouveau, nous trouvons
parmi les symptômes oculaires,

« Obscurcissement de la vue comme à travers un brouillard. »

Il existe une baisse de la vue qui survient sans qu'aucune affection oculaire puisse la justifier. C'est un obscurcissement nerveux de la vision, une paralysie sénile qui s'installe.

« Démangeaison de la paupière comme si un orgelet allait se former. »

Des démangeaisons sont ressenties sur tout le corps ; démangeaisons dans tous les petits orifices.

Parmi les symptômes qui ne figurent pas dans le texte et qui sont cependant des symptômes nets appartenant à ce remède, on trouve :

« Céphalée pressive partant des deux tempes, avec tiraillements et déchirements dans la tête, d'avant en arrière. Élancements à travers la tête, douleurs lancinantes et tranchantes, pires à l'effort, améliorées par le calme et la position couchée. Céphalée en se mouchant.

Douleur pressive à l'éminence frontale gauche et dans l'œil. Brûlure de l'œil droit et des paupières. Déchirements brefs, par saccades, dans et sur l'œil droit, pression sur le sourcil gauche, élancements, aggravés après avoir mangé ; larmoiement. »

Ces symptômes se trouvent dans les pathogénésies originales, mais non dans le texte ; ils en ont été retranchés. C'est le cas tout au long des
Guiding Symptoms
;
des symptômes importants ont été omis parce qu'il était nécessaire de réduire l'ouvrage.

Ouïe
:

« L'ouïe diminue. »

Dureté d'oreille sans aucune affection organique de l'oreille. Son aptitude à entendre est à ce point pervertie que la musique aggrave ses symptômes ; cela se fait par l'intermédiaire des nerfs de l'audition.

« Écouter de la musique provoque une congestion à la tête. »

La musique aggrave sa toux. Pensez à quelqu'un qui commence à tousser simplement parce qu'il entend de la musique ! Quelle chose singulière !
Calcarea
présente une telle sensibilité que le son frappé du piano est douloureux dans certaines parties, surtout dans le larynx.

Saignements
: Ce remède
est plein de
saignements.

Épistaxis
abondante
le matin. Nous retrouvons là encore l'aggravation matinale. Nous obtenons l'idée de circulation affaiblie du fait de ces suintements faciles des muqueuses.

« Épistaxis abondante de bon matin au lit. »

« Sang desséché accumulé dans le nez. »

« Sécheresse prolongée du nez, irritation fréquente comme avant un éternuement. »

Dans le nez, ancien catarrhe sec avec état atrophique de la muqueuse. L'intérieur du nez devient luisant et flétri.

Bouche et gorge
:
Sécheresse de la bouche sans soif.

Douleur mordante dans la gorge entre les actes de déglutition. Mise à vif dans la gorge. Les troubles de la gorge sont pires le matin. Les troubles sont pires après avoir mangé et pires par les boissons chaudes, surtout par le lait chaud.

« Après avoir mangé, toux et haut-le-cœur. »

Il existe une combinaison particulière de symptômes au niveau de la gorge. Sécheresse et accumulation de mucus dans la gorge qu'il essaie d'expulser et, quand il fait effort pour cracher ce mucus en toussant, il a des haut-le-cœur et parfois vomit.

Estomac et abdomen
:
Vomissements provoqués par la toux. Faiblesse au creux de l'estomac ; après chaque évacuation ; sensation de vide extrême, d'affaissement, au creux de l'estomac.

Pression profonde dans la région du foie ; pire le matin ; pire après avoir mangé ; pire après la selle. Distension de l'abdomen avec grande flatulence, surtout après avoir mangé.

Certains symptômes sont pires après avoir bu. Parfois ces troubles surviennent au milieu de la nuit, le réveillant avec borborygmes et douleurs coupantes dans les intestins.

L'abdomen est froid ; il semble que tout l'intérieur de l'abdomen soit froid. D'autres fois, la froideur semble n'occuper qu'un côté de l'abdomen.

Obstipation
invétérée
chez les vieillards, et surtout quand il est impossible d'avoir quelqu'un près de soi au moment d'aller à la selle.

« Désir fréquent et vain d'aller à la selle ; cela la rend très anxieuse ; à ce moment la présence d'autres personnes devient insupportable. »

Après la selle normale, il existe une pression dans l'abdomen ou une sensation de vide et de faiblesse abdominale, améliorée après émission de gaz ou éructation.

Urines
: Urines sanglantes
avec sédiment rouge.

L'urine, lorsqu'elle est émise, est trouble, brun jaunâtre, et dépose un sédiment brunâtre.

« Urine à odeur aigre. » L'urine est abondante.

« Pendant la miction, brûlure, cuisson, démangeaison et titillation dans l'urètre et la vulve. »

« Sensibilité à vif entre les cuisses. »

« Démangeaison voluptueuse du scrotum. »

« Violentes érections matinales sans désir, » avec engourdissement des organes génitaux.

Les symptômes sont des plus erratiques, autant que dans
Ignatia
et
Natr. mur.
Pris
dans leur ensemble, ils peuvent se concilier ; mais pris quelques-uns à la fois, ils paraissent merveilleusement incohérents. Vous devez saisir le remède tout entier pour le comprendre.

Femme
: Écoulement
abondant de
sang entre les périodes menstruelles.

« Écoulement de sang entre les règles au moindre accident. »

Écoulement de sang par le vagin en poussant à une selle dure ; même à la suite d'une marche un peu trop longue ou d'un effort trop grand.

« Pendant les règles, la jambe gauche devient tout à fait bleue par varices distendues, avec douleur pressive dans la jambe. »

« La position couchée aggrave les symptômes utérins, » chose tout à fait inattendue.

Règles trop précoces et trop abondantes.

« Les règles apparaissent sept jours trop tôt, » puis survient cette horrible démangeaison des organes génitaux ;

« sensibilité douloureuse et démangeaison avec tuméfaction des lèvres. »

Asthme
: Un autre trait marqué
de ce remède, auquel on pourrait s'attendre avec toute cette excitation et cette prostration nerveuses, est la dyspnée avec symptômes cardiaques, la respiration difficile, une sorte d'asthme. Cela survient au moindre effort.

Asthme en essayant le rapport sexuel,

« Démangeaison, raclement et sensibilité douloureuse dans le larynx et la trachée. »

« Titillation dans la gorge, le larynx et la trachée. »

Partout il y a des démangeaisons, et ces démangeaisons sont très souvent une forme de fourmillement rampant.

« Asthme des vieillards et des enfants, » chez les sujets affaiblis, tremblants, débiles.

« Sifflement thoracique pendant la respiration. »

« Toux spasmodique. »

Violente toux spasmodique avec éructations fréquentes et enrouement, »

Une bonne part de cette toux est d'origine nerveuse. C'est une toux avec excitation, avec nervosité, avec tremblement, qui ferait se demander à un praticien de grande expérience si ce malade n'a pas une affection du cerveau et de la moelle épinière.

Toux nerveuse, telle qu'on la rencontre souvent dans l'irritation spinale. Toux par constriction du larynx suivie d'un écoulement abondant de mucus blanc.

C'est une toux paroxystique, très semblable à la coqueluche. Dyspnée asthmatique au moindre effort, par la musique, par l'excitation. Toux en pensant et par anxiété.

Peu de temps après l'apparition de ces symptômes, ce malade s'émaciera et se desséchera jusqu'à ce que la peau ressemble à de la viande séchée. Malgré tout, c'est un malade tremblant et chancelant.

Il se plaint beaucoup d'une pression déchirante profonde dans le côté gauche de la poitrine. Sensation de mise à vif dans la poitrine et démangeaisons dans la poitrine. Titillation et démangeaisons, se déplaçant çà et là s'il essaie de toucher l'endroit et de le gratter.

Vous ne serez pas surpris d'apprendre que ce malade souffre de palpitations du cœur au moindre effort, par excitation, par la musique, par tout effort pour porter son esprit sur quelque chose, avec tremblement et frémissement.

Et cette palpitation, il la perçoit jusque dans les membres ; il bat partout. Ses membres pulsent. Il sent ses artères partout, et la palpitation de son cœur provoque une oppression respiratoire.

Les membres s'engourdissent aisément ; sous la moindre pression ils s'endorment ; ils s'endorment lorsqu'on les croise. Froid, tremblement et raideur des membres. Les ongles deviennent cassants et ratatinés.

Les bras s'endorment en position couchée.

« Sensibilité douloureuse et mise à vif entre les cuisses et au creux des genoux. »

Lourdeur des membres inférieurs, faiblesse paralytique ; le malade vieillit ; la sénilité s'installe.

Ce remède a guéri le tremblement prématuré qui survient chez les personnes d'âge moyen.

Il a guéri l'« endormissement » et l'engourdissement, ainsi que la circulation affaiblie avec perte de force musculaire. Il convient très bien aux enfants excitables, nerveux et faibles.

« Chez les personnes maigres. » « Vieillards et enfants. »

Copyright © Robert
Séror 2000

Mise en page Copyright © Sylvain Cazalet 2000

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