Lycopus

par John Henry ClarkeDictionnaire de matière médicale pratique

Virginicus. Lycope de Virginie. Marrube de Virginie. (Endroits ombragés et humides des États-Unis.) N. O. Labiées. Teinture de plante fraîche en fleur.

Clinique

Anévrisme / Morsures de reptiles / Maladie de Bright / Toux / Diabète / Exophtalmie / Hémoptysie / Mal de tête / Maladies du cœur / Péricardite / Phtisie / Morsures de serpents / Morsures de tarentule / Fièvre typho-paludéenne

Caractéristiques

Selon Hale, Lycopus est mentionné par Rafinesque comme « possédant les propriétés de Digitalis, Sanguinaria, Cimicifuga et Spigelia, » et comme étant « l’un des narcotiques les plus doux et les meilleurs qui existent. » Il le recommande tout particulièrement comme substitut à Dig., ayant sur lui l’avantage de n’être pas toxique; utile dans l’hémoptysie et « partout où il est nécessaire d’apaiser les mouvements désordonnés du sang. » Cela donne une très bonne image de la place et de l’action de Lcps., dont l’homéopathie a fait bon usage et qu’elle a développées. L’association de Lcps. avec Dig., Act. r., et Spi. montre surtout une vue très nette de l’action du remède, qu’une expérience personnelle me paraît confirmer. Mlle S., 25 ans, vint me consulter en octobre 1899. Environ trois ans auparavant, elle avait manifesté les premiers symptômes d’exophtalmie, que sa mère attribuait à une prescription de Macrotyn, à basse dynamisation, prise pour des douleurs oculaires et continuée pendant une longue période. Les premiers symptômes furent une pharyngalgie avec ulcérations; puis le goitre apparut, et le cœur devint douloureux, son action étant intermittente, avec essoufflement et incapacité de supporter l’effort. Après une cure de Thyroidin, puis de Thuja 30 (elle avait été beaucoup vaccinée), on donna Lcps. 12, et cela fit disparaître toutes les douleurs du cœur. Plus tard, des accès de grippe compliquèrent le cas, et d’autres remèdes durent être donnés. À présent, la malade va très bien sous Spig. 30, en ce qui concerne le cœur, bien qu’aucune action n’ait été obtenue sur le goitre, qui est petit. Les bruits du cœur sont normaux. Stammers Morrisson fit une pathogénésie étendue de Lcps., et développa des symptômes cardiaques indubitables. Deux observations de Proell (H. W., xxiv. 546) mettent en lumière un trait très important de l’action de ce médicament, à savoir son action sur les conséquences des suppressions, dans ses cas, suppression de l’écoulement hémorroïdal. Les malades avaient chacun 60 ans, un homme et une femme, tous deux clairs de teint, aux yeux clairs, de grande taille, très irritables, avec faible innervation du cœur sans maladie organique nettement caractérisée. Tous deux avaient eu, des années auparavant, un écoulement hémorroïdal qui s’était arrêté brusquement. Tous deux étaient hypocondriaques et avaient des bruits dans l’oreille g. Ce dernier symptôme était le principal sujet de plainte chez l’homme, avec des battements dans la tête empêchant le sommeil. Ni Cact., Kalm., ni Gels. n’aidèrent radicalement (quoique Cact. eût une fois apporté un secours prompt lorsqu’il avait eu des crachats de sang). La nuit suivant la prise de Lcps., il allait un peu mieux, et, dans la matinée, survint un saignement rectal (environ trois cuillerées à soupe, après la défécation), avec grand soulagement général. La dame avait de la glycosurie, une cataracte de l’œil g., et une nuit sur trois elle était sans repos. Lcps. 1x (même dilution que dans l’autre cas), une goutte le soir. La nuit suivante fut excellente, et le matin survint un saignement abondant par le rectum avec grand soulagement. Dans un cas guéri par Lcps. par Morrison (des États-Unis), cité par Hale, les souffrances étaient liées à la période menstruelle, qui était exactement régulière, mais à flux intermittent. Le premier symptôme apparaissait dans les trois ou quatre heures suivant le début de l’écoulement et consistait en une douleur profonde avec chaleur à l’occiput. Puis venait toute une série de symptômes, parmi lesquels des nausées, et lorsque les nausées survenaient, la douleur occipitale était meilleure. C’est là un trait marqué de Lcps.: les symptômes se déplacent. Dans les cas de Proell, le déplacement allait du rectum au cœur et à la tête. Les douleurs se déplacent aussi du cœur aux yeux, de la tête au cœur, du cœur au poignet g. et au mollet d., puis reviennent au poignet et au cœur. Le cœur caractéristique est un cœur faible, avec gêne et pouls faible. Irritabilité cardiaque avec force déprimée. Cela peut se rencontrer avec ou sans maladie organique. Quand cet état existe et qu’il s’y associe d’autres symptômes au niveau de la tête, de la gorge, des yeux, ou ailleurs, Lcps. sera très probablement nécessaire. S’il existe en plus des antécédents d’écoulement supprimé, les indications en seront d’autant plus fortes. Lcps. est un remède de concomitances. L’état cardiaque comporte de nombreux symptômes associés qui ne se rapportent pas directement au cœur. Lorsque des troubles pulmonaires sont associés à des selles molles, Lcps. sera très probablement le remède. Il existe une toux caractéristique avec hémoptysie associée à une action cardiaque faible, profonde, violente le soir et la nuit sans réveiller, expectoration un peu sucrée, se renouvelant par le passage à un temps froid et par les vents froids. Stanley Wilde (H. W., xxv. 108) guérit avec Lcps. Ø un cas désespéré de péricardite associée à une bronchite; ainsi qu’un cas de palpitations avec douleur fulgurante dans le cœur chez une jeune femme, à la suite d’une attaque de rhumatisme aigu deux ans auparavant. Briggs, de Fort Lovell (St. Louis Periscope, ix. 329), rapporte la guérison d’un malade victime d’une morsure de tarentule par l’application d’un liquide préparé avec Lycopus. Il dit que les Indiens Cherokee se laissent mordre par des crotales, des scolopendres et des tarentules, mâchant comme contre-remède de grandes quantités de Lycopus et en avalant le jus. H. W. Felter, un éclectique, est cité (H. R., xv. 430) comme recommandant Lcps. dans : les hémorragies pulmonaires passives; les battements cardiaques sauvages, tumultueux (qui précèdent souvent l’hémorragie pulmonaire); la toux de phtisie. Il ne dérange pas l’estomac, dit-il, mais agit comme tonique et apéritif. Mouvement, exercice, marche, montée, tout <. En même temps, le décubitus = dépression cardiaque; et le décubitus sur le côté d. < constriction du thorax. Il y a impatience; il faut changer de position malgré la faiblesse. Par le frottement. < Le matin; (douleur sourde tout le long de la colonne, > après le lever). < Vers le coucher du soleil et le soir. La nuit, toux violente. Les douleurs musculaires sont > dans une chambre chaude et au lit; mais non > par la chaleur directe. En plein air = défaillance et légère nausée; le passage à un temps froid et aux vents froids = reprise de la toux. L’air froid < les douleurs rhumatoïdes. Les douleurs passent généralement de d. à g.

Relations

Contre-remède de : Act. r. (?). Comparer : Lamium (botan.; hémorroïdes); Ocim. can. (botan.); Iber., Kalm., Spi., Cratæg., Cact., Dig., Hydr. ac., Lauro., Pru. spi. (cœur); Sang.

Étiologie

Suppression de l’écoulement hémorroïdal.

1. Mental

Activité mentale et physique accrue le soir. Hébétude, avec absence d’expression, pendant l’écoulement menstruel. L’esprit passe d’une chose à l’autre. Insomnie générale et vigilance morbide. Légère obtusion intellectuelle, avec douleur sourde à travers le sinciput; pouvoir de concentration accru.

2. Tête

Vertige, tendance à chanceler vers la d. Pression au front, < dans la partie g. Douleur dans les éminences frontales, de g. à d., < à g. Douleur au front et aux tempes, > par les nausées. Bruit et battements dans la tête empêchant le sommeil; après suppression des hémorroïdes, Lycopus soulagea la tête puis rétablit l’écoulement. Maux de tête : frontaux puis occipitaux; au-dessus des yeux et aux éminences frontales; douleurs, sourdes, compressives, avec poussée vers l’extérieur, congestives; souvent suivis de battements laborieux du cœur et de dépression cardiaque; accompagnés d’obtusion intellectuelle.

3. Yeux

Les yeux paraissent faibles, comme si l’organisme était fatigué. Les yeux paraissent pleins et lourds; poussée vers l’extérieur avec pression à l’avant de la tête. Douleur sourde dans la région sus-orbitaire g. Douleur névralgique dans la région sus-orbitaire d. et le testicule g. Saillie des yeux avec action tumultueuse du cœur (goitre exophtalmique).

4. Oreilles

Brûlure dans l’oreille d.

5. Nez

Éternuements et léger catarrhe nasal.

7. Dents

Mal de dents dans les molaires inférieures d., puis douleur subaiguë, d’abord dans l’éminence frontale g. puis d., dans la molaire d., puis la tempe d., puis la molaire g., puis la tempe g., revenant encore à la molaire d., puis aux reins avec oppression frontale.

9. Gorge

Sensation d’écorchure à l’arrière du palais d., s’étendant à g. Brûlure en un point du palais mou, à la suite du mal de tête.

11. Estomac

Nausées partant de l’arrière-gorge, > par des éructations ayant le goût du thé et du médicament; suivies d’un étourdissement persistant en position assise et de chancèlement en marchant. Nausées et défaillance. Douleur circonscrite et compression dans la région de l’estomac. Dyspepsie avec douleur et gêne dans la région gastrique. Gastrite; entérite; diarrhée; dysenterie.

12. Abdomen

Douleur tiraillante dans la rate. Sensibilité au toucher dans l’hypochondre g. Flatulence et gargouillements. Douleur sourde dans le canal inguinal, < en marchant, > par une pression dirigée vers le haut; avec douleur dans les testicules; pesanteur comme par une hernie.

13. Selles et anus

Colique sévère suivie d’une diarrhée abondante et impétueuse; selles luisantes, brun foncé, fétides; ténesme avec la première partie de l’évacuation demi-solide. Action intestinale augmentée, symptômes diarrhéiques; pourrait aller à la selle à tout moment, mais le sphincter reste parfaitement maîtrisé. Diarrhée dans la jaunisse par affaiblissement du cœur. Diarrhée avec tranchées et gargouillements. Obstipation durant six ou sept jours, selles sèches et argileuses. (Rétablit l’écoulement hémorroïdal après suppression et soulage les autres symptômes.)

14. Organes urinaires

Boit de grandes quantités d’eau; rend neuf à onze quarts d’urine par jour (environ 8,5 à 10,5 litres); soif intense, rien sauf l’eau la plus froide ne la satisfait; très irritable à moins qu’on ne lui parle très doucement; peu disposée à parler, même à sa propre famille (diabète). Diabète sucré, soif intense et émaciation. Sensibilité au toucher de la vessie. La vessie paraît distendue quand elle est vide; douleur sourde dans la région lombaire g. Écoulement abondant d’urines limpides et aqueuses, surtout quand le cœur est le plus irritable. Urines : rares, épaisses, boueuses, avec œdème des pieds; troubles; acides; renfermant du mucus, des cellules épithéliales et de minuscules cristaux d’oxalate de chaux, des spermatozoïdes.

15. Organes sexuels masculins

Douleur névralgique dans le testicule avec douleur sus-orbitaire. Douleur aiguë et sourde dans les testicules en position assise, à 13 h., ou avec douleurs fulgurantes intermittentes, passant à d. puis à g. après le lever; de d. à g. puis des deux côtés, avec douleur sourde dans le canal inguinal. Douleur vive fulgurante à travers le testicule g. (Lcps. soulagea la douleur testiculaire dans un cas d’orchite, mais n’eut aucune influence sur l’inflammation.)

16. Organes sexuels féminins

Ménorragie et métrorragie. Règles : s’interrompent pendant dix ou douze jours; durent d’une demi-heure à six heures. Vagin très chaud, col utérin engorgé et tuméfié. Bouffissure des parties sur et autour du pubis et de la vulve, état dilaté du vagin. (Quand l’action du cœur était tumultueuse, l’œdème du pubis était <.)

17. Organes respiratoires

Constriction du larynx, 19 h. Respiration : oppressée, avec respiration soupirante à 19 h.; sifflante; dyspnée comme lors d’un refroidissement bronchique, < pendant l’exercice, surtout en montant les escaliers. Toux : avec hémiplégie et action cardiaque faible; profonde, violente le soir et la nuit sans réveiller; se renouvelant par le passage à un temps froid et par les vents froids. Expectoration pâle, un peu sucrée, d’un goût pénible, parfois difficile. Toux et irritation des poumons; avec hémoptysie, action du cœur faible, rapide, irrégulière.

18. Poitrine

Constriction à travers la moitié inférieure du thorax, gênant la respiration, avec douleur subaiguë; < en étant couché sur le côté d. État fébrile, pouls rapide et faible, hémoptysie occasionnelle, apex g. atteint (phtisie débutante). Affection pulmonaire associée à des selles molles.

19. Cœur

Sensation constrictive dans la région cardiaque, douleur à la pression; pouls rapide et irrégulier de force. Douleurs aiguës fulgurantes dans le cœur, avec intermittences des battements. Douleur pulsatile dans la région cardiaque, pression au front et aux yeux. Sensation d’oppression dans le cerveau, suivie d’une douleur à un pouce (environ 2,5 cm) au-dessous et en dehors du mamelon g. Douleur rhumatoïde sourde dans la région précordiale et à la pointe, suivie de douleurs au poignet g., à la face interne du mollet d. et dans la région sous-claviculaire, puis de nouveau au poignet g. et à la région de la pointe. Éréthisme cardiaque; débilité du cœur, marquée par l’influence d’une inflammation couvante, généralement dans les poumons. Irritabilité cardiaque; écoulement abondant d’urines aqueuses limpides. Palpitations dans l’hypertrophie cardiaque avec dilatation. Palpitations et gêne cardiaque, < le matin et le soir et lorsqu’on y pense. Action du cœur tumultueuse et violente, perceptible à plusieurs pieds (plus d’un mètre) du lit. (Il rend les battements du cœur plus lents, plus amples et plus réguliers.) En se couchant, dépression cardiaque avec battements lourds et sourds. Palpitations par irritation nerveuse avec pléthore. Flatulence excessive qui < les palpitations. Ne peut faire que quelques pas sans devoir s’arrêter pour reprendre haleine; bras g., tête, jambe et pied œdématiés; parfois une douleur vive, lancinante, du sternum à l’omoplate g. Les règles paraissent régulièrement, commencent par une douleur profonde et de la chaleur à l’occiput, puis, plus tard, une douleur au front et aux tempes; défaillance et nausées suivent, et la douleur occipitale est >; répugnance pour l’odeur des aliments; exophtalmie; règles intermittentes; pendant les règles, hébétude; pubis tuméfié, vagin chaud, > par la glace localement; obstipation, selles sèches, argileuses, avec exophtalmie, cœur tumultueux et tuméfaction des parties <; quand le cœur est calme, l’œdème du pubis >; urines rares, épaisses, boueuses; tous les symptômes > après les règles (Lcps. a guéri). Anévrisme des gros vaisseaux près du cœur. Pouls : de nombreux symptômes sont < et > selon la faiblesse ou la force de l’action du cœur.

20. Cou et dos

Douleur aiguë à la 7e vertèbre cervicale. Légère douleur rhumatoïde dans le muscle sus-scapulaire g. Douleur congestive dans la nuque, avec douleur dorsale et lombaire sévère et continue, < dans la partie inférieure g. Douleurs rhumatoïdes : muscle scapulaire; région dorsale inférieure; chassées par le frottement de la pointe du cœur vers la région sous-scapulaire g., puis vers la région médio-dorsale et plus tard de nouveau vers la pointe. Douleur sévère et continue dans la région lombaire. Douleurs vives d’abord dans la région lombaire, puis dans la jambe g., remontant dans la cuisse, puis dans la d.; se sent faible comme si elle était surmenée. Douleur sourde intense tout le long de la colonne, < par le frottement, disparaissant après le lever, le matin.

21. Membres

Douleurs musculaires rhumatoïdes, affectant les articulations et les tendons, < par le mouvement et l’air froid, non > par le frottement, ni par l’affusion froide, ni par la chaleur directe, mais > dans une chambre chaude ou au lit; douleurs rhumatismales autour du cœur; pouls irrégulier et intermittent; < vers le coucher du soleil.

22. Membres supérieurs

Douleurs rhumatoïdes dans l’avant-bras et les poignets, avec tremblement des mains. Mains peu assurées, écriture difficile.

23. Membres inférieurs

Douleurs rhumatoïdes dans les genoux, les jambes, les cuisses, errant vers le dos, légère boiterie, démarche incertaine. La jambe g. paraît plus courte que la d., et semble telle en marchant. Sensation d’instabilité en marchant.

25. Peau

Picotements comme par des morsures d’insectes. Urticaire incommodante, surtout à l’avant-bras g. et à la jambe d., avant le coucher.

26. Sommeil

Sommeil agité, rempli de rêves pénibles. Éveillé au moment du coucher, bien que fatigué.

27. Fièvre

Hébété, ne répond pas aux questions; aspect cireux, froid; pouls très abaissé, pourtant plein et large, mou et compressible; hémorragie par les intestins; visage brun-jaune sans expression; veines pleines et face bouffie; yeux sans expression et semblant saillir de leurs orbites; fièvre peu élevée; s’étouffe et avale. (fièvre typho-paludéenne).

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