Hoang-Nan
par John Henry Clarke — Dictionnaire de matière médicale pratique
Strychnos gaultheriana, Pierre. (Tonkin). N. O. Loganiacées. Teinture d'écorce sèche.
Clinique
Albuminurie / Furoncles / Anthrax / Eczéma pustuleux / Hydrophobie / Lèpre / Paralysie / Prurigo / Syphilis / Ulcères
Caractéristiques
Hoang-nan est une plante indigène du Tonkin, où elle jouit d'une grande réputation comme remède contre la lèpre, l'hydrophobie, les morsures de serpent et les affections cutanées. Dans un article de Sir Sherston Baker (Brit. Med. Journ., 30 mars 1889 - H. W., xxiv. 371), il est dit que le médicament appelé Hoang-nan est une poudre et qu'il contient 1,5 partie d'Alun, 1,5 partie de Réalgar, 2,5 de Hoang-nan. Mais il est ajouté que ce dernier est le plus important et peut être employé seul. La plante appartient à la famille des Strychnos et contient à la fois de la Strychnine et de la Brucea, cette dernière en quantité prédominante. La poussière rouge de l'écorce renferme les principes les plus actifs. La méthode indigène de préparation du médicament consiste à humecter le mélange des trois poudres avec un peu de vinaigre et à façonner la pâte en pilules d'environ un centimètre de diamètre. Chez une personne bien portante, ces pilules produisent : fatigue, malaise général, vertige, fourmillements des mains et des pieds, mouvements involontaires de la mâchoire. Lorsqu'une personne a été mordue par un animal venimeux, on administre dans du vinaigre une dose de trois ou quatre grammes ; si aucun de ces symptômes n'apparaît, on comprend que l'action du médicament est neutralisée, et la dose est augmentée jusqu'à ce que quelques-uns des symptômes se manifestent, moment où l'on tient le poison pour détruit. L'usage de l'alcool est interdit pendant qu'un malade prend ce médicament. Le vinaigre paraît en modifier la virulence. Chez les animaux empoisonnés par lui, les convulsions tétaniques commencent toujours dans les membres postérieurs et se propagent à tout le corps. Au post-mortem, on a trouvé le cerveau, le foie, les reins et les poumons congestionnés. En 1883, une pathogénésie du remède fut réalisée sur sept personnes (N. A. J. H., mars 1886), et quelques symptômes furent produits. Selon Hansen, le prurigo, l'eczéma pustuleux des parties bien pourvues en glandes sébacées (visage, nuque, organes génitaux), les furoncles, les anthrax, la syphilis constitutionnelle, le cancer des glandes et la dénutrition générale relevaient aussi de ce remède, dont la dose est de 5 à 30 gouttes de la teinture trois fois par jour.
Relations
Comparer : Nux v., Curare, Angustura, Brucea antidys., Hydrocotyle.
1. Psychisme
Lassitude mentale ; répugnance à l'effort.
2. Tête
Vertige ; céphalée.
12, 13. Abdomen et selles. Coliques et diarrhée.
14. Organes urinaires
Albuminurie (chez quatre expérimentateurs). Cylindres muqueux (chez deux expérimentateurs).
24. Généralités
Il améliore la nutrition en général, surtout dans la syphilis constitutionnelle. Convulsions tétaniques commençant dans les jambes et se propageant au corps entier. Affections glandulaires.
25. Peau
Ulcères malins ; eczéma pustuleux ; furoncles ; anthrax ; lèpre.