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By James Tyler Kent — Leçons de matière médicale homéopathique
Phosphoricum Acidum - LEÇONS DE MATIÈRE MÉDICA HOMŒOPATHIQUE par JAMES TYLER KENT, A.M., M.D.
LEÇONS DE MATIÈRE MÉDICA HOMŒOPATHIQUE
Ancien professeur de matière médicale au
Hering College, Chicago.
Phosphoricum Acidum
Esprit
:
"
Affaiblissement mental
"
est l'idée qui vient à l'esprit lorsqu'on considère ce que dit, fait et paraît le malade de l'Acide phosphorique.
L'esprit paraît fatigué. Lorsqu'on l'interroge, il répond lentement ou ne parle pas, mais se contente de regarder celui qui le questionne. Il est trop fatigué pour parler ou même penser. Il dit :
"Ne me parlez pas ; laissez-moi tranquille."
Cet état se rencontre aussi bien dans les affections aiguës que chroniques. Il est si fatigué psychiquement, complètement épuisé.
Dans les affections chroniques, lorsqu'il est provoqué par de longues études ; par des soucis prolongés chez les hommes d'affaires ; chez de jeunes écolières affaiblies, qui se relâchent au moindre effort. Dans les affections aiguës, surtout dans la fièvre typhoïde, il répugne à parler ou à répondre aux questions. Il se contente de regarder. Finalement, il se secoue et dit :
"Ne me parlez pas, je suis si fatigué."
Il ne peut penser à ce qu'il veut dire, ne peut formuler ses réponses aux questions. Une autre cause est l'excès sexuel chez les jeunes hommes, ou chez ceux qui se livrent au vice solitaire. Faiblesse ; absence de réaction ; état stuporeux, avec impuissance ; prostration psychique, et comme si la colonne vertébrale avait cédé.
Dans tous les cas, nous constatons que les
symptômes psychiques
sont les premiers à se développer. L'action du remède va du mental au physique, du cerveau aux muscles.
Cela est si remarquable qu'on peut l'opposer à
Muriaticum acid.
Dans ce dernier remède, la
prostration musculaire
vient d'abord, et l'esprit semble clair jusqu'à longtemps après que les muscles sont prostrés. Dans l'Acide phosphorique, les muscles paraissent forts après que l'esprit a cédé. Le malade paraît vigoureux physiquement.
Il dit qu'il va bien physiquement, qu'il peut travailler, qu'il peut faire de l'exercice même avec violence ; mais l'esprit est fatigué, il existe une indifférence psychique, il ne peut pas additionner une colonne de chiffres, ne peut pas lire le journal et en suivre le fil de la pensée, ne peut pas relier les circonstances entre elles. Il oublie les noms des membres de sa famille ; un homme d'affaires oublie les noms de ses employés ; il est dans la confusion. Pourtant il peut faire de l'exercice, sortir et marcher ; la faiblesse musculaire viendra plus tard.
L'Acide phosphorique présente aussi une grande faiblesse physique ; si fatigué dans le dos ; si fatigué dans les muscles ; si fatigué partout ; une faiblesse paralytique. Plus tard surviennent impuissance sexuelle ; répugnance pour le rapport sexuel ; perte du désir sexuel ; absence d'érections ; la verge se relâche au milieu de l'étreinte et il ne peut achever l'acte, (
Nux v
.)
Affections dues aux soucis d'affaires ; au chagrin prolongé ; chez de jeunes femmes souffrant d'une affection non partagée, ou de la perte d'un être aimé. Certaines souffrent plus intensément que d'autres ; certaines paraissent plus philosophes.
"Affections dues au souci, au deuil, au chagrin, à la contrariété, au mal du pays ou à un amour déçu ; surtout avec somnolence ; sueurs nocturnes vers le matin ; amaigrissement."
Le malade dépérit et maigrit, devient de plus en plus faible ; visage flétri ; sueurs nocturnes ; sueur froide le long du dos ; sueurs froides aux bras et aux mains plus qu'aux pieds ; extrémités froides ; circulation faible, cœur faible ; prend froid à la moindre occasion et cela se fixe dans la poitrine ; toux sèche, irritative ; états catarrhaux de la poitrine ; phtisie ; pâleur avec faiblesse et amaigrissement augmentant peu à peu.
Au cours de cette faiblesse, il y a du vertige. Le vertige, étant couché dans le lit, donne l'impression de flotter dans le lit. Les membres semblent se soulever tandis que la tête ne semble pas bouger, comme si les membres flottaient. Céphalées congestives ; chez les jeunes écolières, après un léger effort intellectuel et l'usage des yeux. Douleurs périostées ; les os font mal comme s'ils étaient raclés, améliorées par le mouvement ; en position couchée, la douleur se porte sur le côté sur lequel on est couché.
Modalités
: La plupart des plaintes sont améliorées par le fait de se tenir au chaud, par le repos absolu, par le fait d'être seul et tranquille. Il y a aggravation des plaintes par l'effort, mental ou physique, et quand on lui parle. Maux de tête du matin. Il doit s'étendre quand il a mal à la tête. Mal de tête aggravé quand on lui parle. Il est sensible au temps froid. Il supporte mal une chambre chaude.
Dans le mal de tête, la douleur commence souvent à l'occiput et s'étend jusqu'au sommet de la tête ; sensation comme si un poids écrasant était sur le sommet de la tête ; pire par le mouvement, la parole et la lumière.
"Pression comme par un poids dans la tête, de haut en bas."
Ces maux de tête sont liés à la faiblesse mentale, à l'épuisement mental ; si fatigué et épuisé. Vertige avec tintements d'oreilles et yeux vitreux.
Il faut étudier son emploi dans les fièvres adynamiques. Les troubles s'installent lentement, déclin lent, prostration augmentant progressivement. Tels aspects qu'on trouve dans la typhoïde avancée. On y voit la prostration, l'abdomen tympanique, la langue sèche et brune, les sordes sur les dents, l'inconscience qui s'approche graduellement ; peu de soif augmentant jusqu'à une soif intense avec désir de beaucoup d'eau pendant la sueur ; veut qu'on le laisse tranquille ; regarde celui qui l'interroge avec des yeux vitreux, comme s'il comprenait lentement la question ; pupilles contractées ou dilatées ; yeux enfoncés ; faciès hippocratique ; fièvre continue ; saignement du nez, des poumons, des intestins ; hémorragie de n'importe quelle membrane muqueuse ; enfoncement autour des yeux ; lèvres décolorées, couvertes de sordes, devenant très noires ; prostration augmentant peu à peu.
Dès le début, l'état mental a été le plus marqué et enfin vient la faiblesse musculaire, qui augmente jusqu'à ce que la mâchoire tombe et qu'il semble que le malade doive mourir d'exténuation.
De tels états de faiblesse peuvent survenir à la suite d'hémorragies (
China
était le remède de routine chez les anciens homéopathes).
Il arrête l'hémorragie et provoque une reprise, empêche l'hydropisie. Il existe un état rappelant l'anémie ; lèvres et langue pâles ; visage, mains et pieds cireux.
Douleurs et courbatures dans tout le corps, améliorées par le mouvement et pires par le froid. Les douleurs semblent profondes, souvent le long des nerfs, mais surtout le long des os longs, comme si les os étaient raclés ; comme si un instrument rude était traîné sur les os. Les douleurs sont communément pires la nuit. Fortes douleurs osseuses.
L'estomac refuse de faire son travail. Les aliments restent dans l'estomac et s'aigrissent. Vomissements acides. Vieux dyspeptiques avec épuisement mental. Troubles causés par les boissons acides, les boissons froides et les aliments riches. Sensation de vide dans l'abdomen après une selle ordinaire.
Dans la plupart des troubles de l'Acide phosphorique, un trait prononcé est l'urine
laiteuse.
Parfois, elle est laiteuse à l'émission ; flocons laiteux dans l'urine. Par moments, l'urètre masculin semble se boucher et l'examen montrera ces petits flocons comme du lait. L'urine devient laiteuse en reposant, comme si l'on y avait remué de la farine, de la craie ou des dépôts de phosphate.
Diarrhée
: Dans
l'Acide phosphorique,
on constate souvent une amélioration des troubles lorsqu'ils se terminent par une diarrhée. Selles copieuses, minces, aqueuses. À en juger par la quantité, on croirait que le malade devrait être épuisé. Enfant avec selles copieuses, aqueuses, en été ; si copieuses que la couche paraît inutile ; la selle coule sur toute la robe de la mère et sur le sol en formant de grandes flaques ; la selle est presque
inodore
,
mince et aqueuse, et le petit sourit comme si rien n'allait mal. La mère se demande d'où tout cela peut bien venir, et pourtant l'enfant paraît bien.
La diarrhée de l'Acide phosphorique améliore souvent nombre des symptômes et le malade se sent mieux. Diarrhée chronique, copieuse, mince et aqueuse, gris blanchâtre, et le malade se sent à l'aise, libre et heureux. Si la diarrhée ralentit, le malade va plus mal et surviennent des symptômes de phtisie, de faiblesse, de prostration, d'épuisement mental.
Certains malades disent qu'ils ne sont jamais à l'aise à moins d'avoir de la diarrhée.
Podophyllum
est
tout le contraire. Prenez le même enfant ; la selle est très copieuse et s'étale sur tout le sol, la mère se demande d'où tout cela peut venir, mais la selle est
fétide
,
d'une puanteur horrible, et le malade a l'air d'un mourant ; la bouche et le nez pincés, le faciès hippocratique ; presque inconscient.
Dans les deux cas, les selles sont sans douleur, mais l'Acide phosphorique n'a pas la grande prostration. Dans l'Acide phosphorique, la selle est gris blanchâtre, comme de la peinture blanche sale ; dans
Podophyllum
elle est jaune.
Gratiola
présente un état de prostration semblable, mais le liquide est vert comme de l'eau ; lorsqu'on le voit, on dirait la lumière passant à travers un verre vert, parfois plus épais, comme de la bile verte.
Abdomen
: très distendu, tympanique ; grande sensibilité douloureuse des intestins comme dans un état typhoïde.
"Diarrhée aqueuse, blanche ou jaune, chronique ou aiguë, sans douleur ni débilité ou exténuation marquée."
Il est rare que la selle soit jaune quand elle est aqueuse. Elle est jaune lorsqu'elle est en bouillie ; quand elle est aqueuse elle est claire, parfois laiteuse. Quand elle est jaune, elle ressemble à une bouillie de farine de maïs, pâteuse ; comme dans l'état typhoïde, mince comme une bouillie claire.
"Diarrhée ; non prostrante ; après avoir pris froid pendant la chaleur de l'été ; aqueuse ; chronique ; violente, bilieuse ou muqueuse, durant depuis vingt mois ; a l'apparence d'un vieillard ; due aux acides chez les jeunes sujets qui grandissent trop vite ; après manger, non digérée ; blanc verdâtre ; sans douleur."
Quand nous avons une diarrhée due aux acides, nous trouvons parfois des symptômes orientant vers l'Acide phosphorique. Dans la diarrhée due au vin aigre, tel le clairet, aux acides, au vinaigre, aux citrons, il faut assurément étudier
Antimonium
crudum
.
C'est un trait très remarquable de ce remède. Efficace dans le choléra.
Organes sexuels
masculins.
Faiblesse sexuelle, épuisement prolongé, impuissance ; masturbateurs ; pollutions nocturnes avec grande exténuation,
"Prostatorrhée ; aussitôt après chaque érection, écoulement de liquide prostatique."
Même en rendant une selle molle, le liquide prostatique s'écoule.
La chute des cheveux est un trait remarquable ; chute des poils des organes génitaux, des favoris, des sourcils, des cheveux. Il est étroitement apparenté à
Natrum, mur.
et à
Selenium
pour la chute des cheveux.
Selenium
présente la chute des cheveux de la tête, des sourcils et des cils, de la barbe et des organes génitaux, de tout le corps.
Natrum
mur
.
amincit considérablement la chevelure ; pendant les couches, les poils tombent des organes génitaux.
L'Acide phosphorique
produit
une leucorrhée gênante ;
"jaune, surtout après les menstruations, avec démangeaisons ; abondante, jaune ; mucus mince, acide ; avec chlorose."
Il convient à la femme qui allaite son enfant depuis longtemps, ou qui allaite des jumeaux, et qui donne beaucoup de lait. Elle devient fatiguée et faible. Perte de liquides, de sang ; allaitement prolongé, et faiblesse provenant de telles causes.
La tendance du malade de l'Acide phosphorique, à l'issue de l'épuisement mental et de la faiblesse, est de verser dans des
troubles de poitrine
.
Si une diarrhée survient alors, le trouble thoracique est détourné. Les conséquences les plus funestes résulteront de l'emploi d'astringents, ou de tout remède ne correspondant pas au malade, qui arrêterait cette diarrhée. Il glisse vers la phtisie, la respiration difficile ; il tousse et souffre dans la poitrine, et l'affection aboutit à des modifications structurelles des poumons.
Les indications de l'Acide phosphorique se trouvent rarement dans les altérations tissulaires, mais on les trouvera dans les
premiers
états du malade, les états nerveux, l'urine laiteuse et la diarrhée, qui existent depuis longtemps. Les affections thoraciques sont aiguës ; pneumonie typhoïde ; formes adynamiques de fièvre se terminant par des troubles thoraciques ; non sans analogie avec
Phosphorus
.
Pneumonie prolongée avec les symptômes mentaux, absence de réaction, infiltration à la fin de la pneumonie. Hémoptysie.
Fièvre prolongée aboutissant à un cœur faible, avec palpitations et symptômes mentaux. Palpitations pendant l'excitation sexuelle. Tendance aux abcès après une fièvre prolongée.
Les membres et les articulations deviennent atteints. Douleur dans l'articulation de la hanche. Douleurs dans les os longs entre les articulations, améliorées par le mouvement. Vieille constitution goutteuse. Les tissus s'affaiblissent. Des taches rouges apparaissent partout où la chair est mince sur les os, et ces taches s'enflamment et forment des ulcères ouverts.
Après la fièvre, abcès dans les muscles, et état de faiblesse moléculaire autour des chevilles ; sur le tibia, là où la chair est mince.
L'Acide phosphorique
a une relation spéciale avec le périoste. Périostite.
Douleurs dans le tibia la nuit. L'os donne la sensation d'être raclé. Mains froides et pieds chauds. Ulcères des jambes avec écoulement aqueux, fétide.
Furoncles, abcès, pustules et autres éruptions humides. Éruptions suppurantes ; les tissus s'affaiblissent.
État nerveux ; indifférence prononcée ; faiblesse et tremblements ; défaillances ; grande exténuation nerveuse ; affections hystériques. Fourmillements, picotements et sensation de reptation dans tout le corps, surtout là où il y a des poils, comme dans les racines des poils ; formication ; surtout chez ceux qui sont affaiblis par les excès sexuels.
"Formication sur tout le corps."
Points douloureux dans la colonne ; dos faible et impotent. Mal de dos.
"Démangeaisons entre les doigts, ou au pli des articulations, ou sur les mains."
Herpès ; eczéma ; érysipèle. De grandes taches violettes se forment sur la peau, extravasation de sang provenant des veines capillaires ; ecchymoses.
Ulcères de la peau ; anthrax ; verrues ; engelures ; loupes ; cors avec douleurs piquantes et brûlantes, et les parties deviennent noires ; circulation faible dans la peau. Peau flétrie, vieillie et grise, et le malade maigrit.
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