Lobelia Purpurascens
par John Henry Clarke — Dictionnaire de matière médicale pratique
N. O. Lobéliacées. Teinture de la plante fraîche entière.
Clinique
Paralysie du cœur / Grippe / Céphalée de la grippe / Lichen tropicus / Paralysie des poumons / Morsures de serpent / Paralysie de la langue / Fièvre typhoïde / Vertige
Caractéristiques
La première mention de cette plante fut faite par Erskine C. White (H. W., xxxii. 502) sous le nom de Lobelia rubra, corrigé plus tard par F. Kopp (H. W., xxxiii. 328) et par E. C. White lui-même (H. W., xxxiii. 510) en Lob. purpurascens. Kopp décrit la plante ainsi : "Tiges anguleuses, procumbentes. Feuilles ovales, vertes à la face supérieure, et pourpres ou pourpre et vertes à la face inférieure, un peu denticulées, assez fermes, mesurant habituellement d'un demi à un pouce de long ; pédicelles axillaires, beaucoup plus courts que les feuilles, réfléchis après la floraison. Fleurs blanches en dessus, pourprées en dessous, délicatement parfumées, pour la plupart dioïques, corolle longue de quatre ou cinq lignes, les lobes inférieurs oblongs, obtus, les deux supérieurs plus courts et plus étroits, plus aigus et incurvés. Capsule plus étroite, ovoïde, longue de bien trois lignes ; semences assez grosses, souvent aplaties." Elle pousse abondamment dans la brousse australienne, de préférence dans les endroits humides, et c'est là, dit Kopp, qu'elle croît le plus profusément, là où les serpents abondent le plus. White ajoute qu'elle préfère les sols sablonneux et meubles. Cela est intéressant, car James S. Bray, cité par White et Kopp, observa que l'iguane, après un combat avec un serpent, lorsqu'il lui arrivait d'être mordu, mangeait cette Lobelia. D'autre part, Bray trouva un jour plusieurs moutons morts, et, à leur aspect, pensa d'abord qu'ils avaient été mordus par des serpents ; mais, en examinant leurs estomacs, il y trouva les feuilles et les tiges de Lob. Purp., et il en conclut que c'était là la cause de leur mort. White donne une courte pathogénésie dans laquelle des symptômes analogues aux effets du venin de serpent sont très marqués. Ses symptômes, joints à ceux de Kopp, qui broya avec ses dents et avala une feuille (H. W., xxxiv. 306), se trouvent ordonnés dans le Schéma. Ils présentent un fort air de famille avec ceux de Lob. inflata. White rapporte une observation clinique personnelle importante : "Cette plante, si on ne fait que la toucher imprudemment avec les dents, produit un vertige accablant. J'avais remarqué que l'état stuporeux écœurant et le mal de tête qu'elle produit reproduisaient exactement ceux de la grippe, avant que je connusse le nom de la plante. Mon mal de tête disparut comme par magie sous Lob. purp. Ø, et j'avais coutume de remarquer que tous les symptômes thoraciques étaient écartés sous son action. La grippe éclate par temps humide. Cette plante, avec ses minuscules fleurs blanches semblables à des gemmes, tapisse toujours la terre après chaque pluie pendant toute l'année." White donne encore comme caractères généraux de Lob. purp : prostration intense, vitale et nerveuse. Sensation de froid mortelle sans frissonnement, mais accablant tout l'organisme. Paralysie des poumons et intoxication consécutive par l'acide carbonique ; vomissements et coma. Agit beaucoup comme Bapt. dans les états typhoïdes adynamiques, et semble neutraliser le poison de la grippe. Croissant sur un sol sablonneux, elle contient beaucoup de silex, et, comme Secal., Staph., et la carotte commune, convient particulièrement aux patients déficients en silice, nerveux, sujets aux furoncles, d'humeur emportée, transpirant abondamment, et dont les dents se carient sans cesse. Les symptômes sont < par le mouvement ; < par temps humide.
Relations
Comparer : Lob. inf., Tabac., Lach. et autres venins de serpent. Bapt. (grippe, typhoïde) ; Secal., Staph. (dents).
Causalité
Morsures de serpent. Empoisonnement du sang.
1. Esprit
Humeur emportée. Abattement.
2. Tête
Vertige s'accompagnant de nausées et d'état stuporeux. Somnolence accablante (exactement comme celle produite par le venin de serpent), mal de tête étourdissant et nauséeux, surtout juste entre les sourcils. Douleur sourde et pénible dans la tête, avec sensation de plénitude à la base de l'occiput et au front ; douleur < en secouant la tête et par tout mouvement. Sensation de confusion dans la tête.
3. Yeux
Yeux faibles ; en les fermant, sensation de meurtrissure. Impossible de garder les yeux ouverts, fermeture presque spasmodique des paupières (supérieures).
5. Nez
Sécheresse et sensation de plénitude dans le nez.
7. Dents
(Convient aux personnes dont les dents se carient tôt par manque de silice.)
8. Bouche
Goût mercuriel dans la bouche. Salive épaisse dans la bouche. Langue blanche et paralysée.
9. Gorge
Sécheresse de la gorge, avec sensation brûlante.
10. Appétit
Grande soif. Perte d'appétit.
11. Estomac
Sensation de défaillance à l'estomac. Nausées accompagnant le vertige.
14. Organes urinaires
Sécrétion d'urine accrue.
18. Poitrine
Serrement de poitrine avec grande oppression et respiration laborieuse. Sensation comme si les poumons étaient paralysés ; respiration de surface. Respiration lente, cessant presque.
19. Cœur
Sensation pénible dans la région du cœur. Cœur paralysé ; battements presque imperceptibles.
20. Dos
Faiblesse dans la région lombaire, s'accompagnant d'une grande langueur.
21. Membres en général
Lassitude et faiblesse extrême des membres.
23. Membres inférieurs
Grande faiblesse des membres inférieurs ; les genoux semblent céder sous le poids du corps.
24. Généralités
Exténuation et abattement. Débilité générale avec perte d'appétit et grande langueur. Les symptômes surviennent avec une grande rapidité, dans les cinq minutes qui suivent la prise du médicament. État typhoïde adynamique.
25. Peau
Démangeaison picotante sur tout le corps, comme une bourbouille (lichen tropicus).
26. Sommeil
Somnolence accablante. Sommeil agité.
27. Fièvre
Sensation de froid mortelle sans frissonnement, mais accablant tout l'organisme. Sensation générale de fièvre. Transpiration profuse. (Fièvre typhoïde. Grippe.)