Coca
By John Henry Clarke — Dictionnaire de matière médicale pratique
Erythroxylon coca. N. O. Lineæ (sous-ordre Erythroxyleæ). Teinture des feuilles. Solution ou trituration de l'alcaloïde, Cocaïne.
Clinique
Angor pectoris / Asthme / Constipation chronique / Toux / Surdité / Débilité / Fièvre / Affection cardiaque / Hémorroïdes / Mal des montagnes, ou Veta / Rhumatisme / Scrofule / Scorbut / Faiblesse de la voix
Caractéristiques
Coca est employé depuis des siècles par les indigènes de l'ouest de l'Amérique du Sud comme intoxicant, et aussi comme remède de la « Veta », état provoqué chez les personnes venant vivre sur les hauts plateaux: défaillance, battements du cœur et de la tête, dysenterie, etc. Comme le thé et le café, il arrête la désassimilation tissulaire et permet à ceux qui le prennent de supporter des fatigues inhabituelles. Comme China, il produit des tintements d'oreilles et de la surdité, ainsi que de la fièvre. L'alcaloïde Cocaïne est le bien connu anesthésique local. Un symptôme caractéristique de l'empoisonnement par la Cocaïne est une sensation comme si de petits corps étrangers se trouvaient sous la peau, généralement comme des grains de sable, ou bien comme un ver sous la peau. C'est sans aucun doute le symptôme directeur de Coca. Il est connu sous le nom de « symptôme de Magnan », d'après l'éminent neurologue qui le décrivit le premier. Sa description est: « une sensation comme si des corps étrangers se trouvaient sous la peau, en général de petites substances rondes comme des grains de sable ». Korkasoff rapporte un cas de névrite multiple dans lequel ce symptôme était présent. La malade était une femme soignée pour une affection utérine au moyen de tampons vaginaux renfermant de la Cocaïne. La suppression de ceux-ci fit disparaître le symptôme. Cooper guérit un cas de rhumatisme chronique chez une femme âgée qui présentait ce symptôme, au moyen d'une fraction de grain de Cocaïne administrée en dose unique à de longs intervalles. Le Dr J. W. Springthorpe décrivit (H. W., février 1896) une variété de ce symptôme ressentie par lui-même, et consignée dans un article intitulé « The Confessions of a Cocainist ». Il l'appela « Hunting the Cocaine bug ». « Vous imaginez, dit-il, qu'il y a dans votre peau des vers, ou des choses semblables, qui se déplacent. Si vous les touchez avec de la laine, et surtout avec de la laine absorbante, ils s'enfuient et disparaissent, pour ne faire que montrer prudemment le bout hors de quelque coin afin de voir s'il y a danger. Ces vers ne sont projetés que sur la personne ou les vêtements du cocaïniste lui-même. Il les voit sur son linge, dans sa peau, rampant le long du porte-plume, mais non sur d'autres personnes ou d'autres objets, ni sur des vêtements revenant propres de la blanchisserie. » Dans un cas rapporté par le Lancet, juin 1886, un homme chez qui l'on avait appliqué à une dent une solution à 4 p. 100 de Cocaïne avala vingt à trente gouttes de cette solution. Une demi-heure plus tard, il fut saisi de: (1) sensation de défaillance et d'étourdissement; (2) puis d'un accès de palpitations avec sensation de bouffées, surtout remontant le long du dos. Il y eut diminution marquée de l'odorat; grande difficulté à provoquer l'émèse; éruption scarlatiniforme sur le corps, surtout autour du cou; vue trouble; relâchement des sphincters et faiblesse des membres; l'esprit demeura clair, mais le pouls était rapide, faible et intermittent. Un cas remarquable fut rapporté dans le British Medical Journal du 13 décembre 1890: « À une séance de l'Académie de Médecine de Paris, le 2 décembre, M. Hallopeau présenta une communication dans laquelle, après avoir distingué deux formes d'empoisonnement par la cocaïne, à savoir l'aiguë, dans laquelle les symptômes sont produits aussitôt après une dose et disparaissent rapidement, et la chronique, dans laquelle ils sont dus à l'usage prolongé du médicament, il rapporta un cas montrant, à son avis, que les effets toxiques, tout en survenant aiguëment, pouvaient durer un temps considérable. Le 7 mars 1890, on injecta à un homme environ huit milligrammes de chlorhydrate de cocaïne dans la gencive, comme préliminaire à l'extraction d'une dent. Des symptômes toxiques survinrent aussitôt. Il y eut oppression précordiale intense, avec pouls filant, excitation extrême et loquacité; le malade arpentait la chambre, lançant au hasard des coups de poing et criant qu'il allait mourir. Au bout de dix minutes il se calma et la dent fut extraite, après quoi il put rentrer chez lui à pied, y arrivant toutefois dans un état de prostration extrême. Il s'ensuivit une série de symptômes nerveux, tels qu'une céphalée continuelle, une insomnie rebelle, un mauvais goût dans la bouche, avec des accès intermittents d'excitation s'accompagnant d'étourdissement, de défaillance et d'une sensation de mort imminente. Tout travail intellectuel était impossible; le malade ne pouvait faire la plus simple opération arithmétique et se trouvait dans un état de profonde dépression. Une sensation de fourmillement et d'insensibilité dans les mains et les avant-bras était presque incessante. Cet état dura quatre mois; ce ne fut que deux mois après l'injection qu'on observa la moindre amélioration, et alors encore les progrès vers la guérison furent très lents. M. Hallopeau pense que les symptômes indiquent une action toxique de la cocaïne sur les centres nerveux, et surtout sur le cerveau. Comme il est impossible de supposer qu'une si faible quantité du médicament soit restée dans la circulation, il est amené à conclure soit qu'elle s'est emmagasinée dans les cellules de certains centres nerveux, soit qu'elle y a produit des lésions persistantes. » Les homœopathes n'ont pas cette difficulté pour comprendre l'effet prolongé d'une dose unique. Parmi les autres effets observés lors de son emploi en dentisterie figurent « dépression mentale et somnolence » et « oppression intense dans la poitrine; dilatation des pupilles; accélération du pouls et de la respiration, et excitation mentale ». W. J. Guernsey cite dans H. P., novembre 1888, d'après Med. Register, 11 août 1888, l'expérience de J. E. Shadle, qui appliqua dans les fosses nasales d'un homme de 35 ans des tampons imbibés d'une solution à 4 p. 100 de Cocaïne, en préparation d'une opération. À chaque fois, celui-ci se plaignait d'une sensation de froid, de vide et de relâchement autour des organes génitaux externes, et d'une sensation comme si le pénis était absent. Vers la fin du traitement, il nota une faiblesse permanente des organes sexuels; enfin survinrent des pertes séminales et l'impuissance, qui persistèrent jusqu'à cessation complète de la Cocaïne. Comparer cela avec l'expérience de R. K. Ghosch (H. R., vi. 15, 49) avec Coca Ø (qu'il trouve, à doses en gouttes, agir mieux en pareil cas que les dynamisations) dans les palpitations et la dyspnée à l'ascension, lorsqu'elles proviennent de causes nerveuses, surtout de l'onanisme; dans les troubles dus à l'onanisme en général; la sécrétion urinaire excessive avec ou sans sucre; l'énurésie nocturne; la nymphomanie après l'accouchement, pendant les règles, par irritation d'un eczéma ou d'autres affections de la vulve; dans la satyriasis. L'indication homœopathique de Coca dans l'énurésie est montrée par son effet de relâchement des sphincters dans l'un des cas mentionnés plus haut. Il existe quelques céphalées caractéristiques de Coca. En général, les « maux de tête des hautes altitudes » peuvent être tenus pour une indication marquée. Coca présente aussi un mal de tête « serrant », comme si une bande de caoutchouc était tendue à travers le front. Après que les effets fortifiants, la sensation de légèreté et l'aptitude à gravir une montagne sans fatigue, se sont dissipés, ou lorsque l'ivresse a été portée plus loin, surviennent une sensation de lourdeur, d'insensibilité et de somnolence, avec répugnance à bouger. Il y a un épuisement extrême, et surtout une faiblesse des jambes. Un symptôme particulier est: sensation comme si l'œsophage allait être déchiré par la force des gaz montants. Coca convient aux personnes que l'effort mental et physique use; aux sujets timides et réservés; aux vieillards; aux personnes à souffle court; aux suites de débauche; aux sujets débiles, nerveux, gras ou pléthoriques; aux enfants atteints de marasme. Effets du froid; toux par l'air froid; rhumatisme par le plus léger refroidissement. Symptômes < en grimpant, en marchant ou en position assise; < à l'air froid.
Relations
Comparer: Arsen. (effets de l'ascension); Stram. aime la compagnie et la lumière; Coca aime la solitude et l'obscurité; Paullinia, Scutel., Cypr., Valer., Can. ind., thé, café, tabac. Gundlach a trouvé que le meilleur contre-remède était Gels.
1. Esprit
Mélancolie. Hypocondrie. Dépression mentale avec somnolence. Timidité. Préfère la solitude et l'obscurité. Sensation de confusion dans le cerveau. Perte d'énergie. Grande excitation mentale.
2. Tête
Vertige et défaillance. Tension au-dessus du front comme par une bande de caoutchouc. Mal de tête juste au-dessus des sourcils; non constant; < en levant la tête ou en tournant les yeux vers le haut. Secousses dans la tête; sensation obtuse de plénitude dans l'occiput avec vertige, < en se couchant; la seule position possible est à plat ventre. Occiput douloureux, sensible au toucher; douleurs < en toussant. Mal de tête avec sensation de froid; avec sécheresse dans la gorge; > après avoir mangé; > au coucher du soleil.
3. Yeux
Intolérance à la lumière avec pupilles dilatées. Nuage sombre devant les yeux; yeux profondément injectés jusqu'à ce que des larmes sanglantes jaillissent. Taches blanches, sombres et flamboyantes devant les yeux; scintillement ou éclairs. Vision indistincte, bientôt suivie de mal de tête et de nausée. Douleur sourde derrière les yeux donnant l'impression de loucher en dedans.
4. Oreilles
Tintements, bourdonnements et bruissements dans les oreilles; avec fièvre.
5. Nez
Épistaxis passant de la droite à la gauche. Odorat considérablement diminué.
8. Bouche
Bouche sèche, surtout au réveil.
9. Gorge
La luette paraît tuméfiée; déglutition difficile. Sécheresse tôt le matin.
11. Estomac
Retarde l'apparition de la faim et de la soif. Inappétence, surtout pour les aliments solides. Désir d'alcool et de tabac. Troubles dus aux aliments salés. Les gaz montent avec une telle force qu'il semble que l'œsophage va en être déchiré. Sensation de vacuité ou de plénitude dans l'estomac. Dyspepsie confirmée, surtout chez les hypocondriaques.
12. Abdomen
Pression et tension dans les hypochondres après les repas. Flatulence. Violent mal de ventre avec distension tympanique.
13. Selles et anus
Les gaz intestinaux sentent la poudre brûlée. Dysenterie. Constipation par inertie du rectum; selles sèches, comme des noix. Hémorroïdes douloureuses en marchant ou en position assise. Sphincters relâchés.
14. Organes urinaires
Fins élancements dans l'urètre chez la femme avant d'uriner. Besoin fréquent, avec émission accrue. Souvent dérangé la nuit. Énurésie nocturne. Pellicule sur l'urine. L'urine sent la sueur. Dépôts floconneux rouge jaunâtre; écume huileuse à la surface.
15. Organes sexuels masculins
Sensation comme si le pénis était absent. Froideur, sensation de vide, relâchement des parties externes. Pollutions. Prostration nerveuse par excès sexuels. Spermatorrhée et impuissance partielle. Satyriasis.
16. Organes sexuels féminins
Les règles s'écoulent par jets, la réveillant d'un sommeil profond. Nymphomanie pendant les règles, et après l'accouchement.
17. Organes respiratoires
Voix faible. Phthisie laryngée, lorsque, par irritabilité du pharynx, l'estomac ne retient aucun aliment. Respirations rapides. Essoufflement douloureux; la nuit. Souffle court chez les athlètes, ou chez ceux qui prennent de l'alcool ou du tabac en excès. Hémoptysie. En toussant, douleur dans l'occiput. Toux par l'air froid ou la marche rapide. Expectoration de petits grumeaux comme de l'amidon bouilli, aussitôt après le lever, le matin.
18. Poitrine
Attaque soudaine de crampe dans la poitrine; refroidissement et impossibilité de poursuivre l'ascension. Oppression intense dans la poitrine. Afflux sanguin vers la poitrine avec léger mal de tête. Emphysème.
19. Cœur
Palpitations avec bouffées de chaleur. Palpitations violentes et audibles; angor pectoris; par l'ascension ou l'effort excessif. Pouls considérablement accéléré, intermittent. Pouls extrêmement lent et intermittent, perd un battement sur quatre.
21. Membres
Sensation de froid intérieur avec insensibilité des mains et des pieds. Faiblesse des membres.
25. Peau
Éruption scarlatiniforme sur tout le corps, surtout au cou.
26. Sommeil
Tendance au sommeil, mais ne peut trouver de repos. Grande somnolence.
27. Fièvre
Sensation de bouffées de chaleur, surtout remontant le long du dos (avec palpitations). Frissonnement et mal de tête l'après-midi. La nuit, chaleur et insomnie, avec battements dans les artères. Bouffées de chaleur dans le dos et brûlure dans l'abdomen. Un épuisement extrême accompagne la fièvre. Sueurs nocturnes.