Euphrasia officinalis

Euphraise

par Samuel Hahnemann — Matière médicale pure

Référence historique pour les praticiens et les étudiants. Les déclarations ci-dessous reflètent l’enseignement homéopathique de l’auteur nommé et n’établissent pas l’efficacité d’un traitement. Ce texte ne constitue pas un avis médical et ne doit pas remplacer un diagnostic ou des soins appropriés.

(Le suc fraîchement exprimé de la plante entière, mêlé à parties égales d’alcool. Vers la fin de l’été, le suc est souvent si visqueux qu’après avoir pilé la plante jusqu’à obtenir une pulpe fine de consistance uniforme, il faut généralement la mélanger à une partie de cet alcool et l’en diluer, afin de permettre l’expression du suc.)

Du vol. V, 2e éd., 1826.

Les quelques observations suivantes permettent de voir que les anciens ne lui donnèrent sans raison ni son nom allemand ni son nom latin, et que cette plante ne mérite pas la négligence avec laquelle les médecins modernes la traitent. Le médecin homéopathe, qui, pour guérir un cas de maladie, ne choisit qu’un médicament dont l’expérimentation a montré qu’il provoquait des symptômes semblables chez le sujet sain, trouvera généralement qu’une fraction infime d’une goutte de ce suc constitue déjà une dose trop forte.

Hahnemann fut assisté dans cette expérimentation pathogénétique par : Fr. Hahnemann, Langhammer, Wislicenus.

Des symptômes furent tirés des autorités de l’ancienne école suivantes :

BONNET, Merc. Compil., 13.

LOBELIUS, Advers., 210.

PAULLI, SIM., Quadripart. Bot., class.3.

Dans la 1re édition des (R.A.M.L.), Euphrasia comptait 115 symptômes ; dans cette 2e édition, 127.

Euphrasia

  1. (Confusion et pression extérieurement au sommet de la tête.)

  2. Forte chaleur dans la tête, avec douleur.

  3. Chaleur au front avec céphalée dans la tempe.

  4. Le soir, céphalée si violente, avec étourdissement et sensation de meurtrissure (accompagnée d’un coryza fluent), qu’il fut obligé de se coucher plus tôt que d’habitude ; cependant, la céphalée augmentait en position couchée (apr. 14 h). [Lr.]

  5. Piqûre d’aiguille pénétrante et prolongée dans la tempe droite (apr. 7 h). [Lr.]

  6. Fines piqûres d’aiguille, extérieurement, à la tempe gauche (apr. 1/2 h). [Lr.]

  7. Quelques élancements aigus du côté droit du front (apr. 1/2 h). [Lr.]

  8. Élancements aigus et déchirants du côté gauche de l’occiput, au repos comme en mouvement, l’après-midi (apr. 6 1/2 h). [Lr.]

  9. Douleur pressive extérieurement à la tête, mais surtout au front (apr. 2 h). [Lr.]

  10. Du vol. V, 2e éd., 1826.

  11. Augentrost, en anglais, réconfort des yeux.

  12. En se mouchant, sensation douloureuse d’étourdissement dans la tête et douleur à l’intérieur du nez, de sorte qu’il ne peut se moucher que doucement (apr. 15 h). [ Lr.]

  13. La chandelle lui paraissait moins lumineuse.

  14. La flamme de la chandelle semblait vacillante et brûlait tantôt plus vivement, tantôt plus faiblement.

  15. Les yeux sont douloureux sous l’effet de l’éclat de la lumière, comme s’il n’avait pas assez dormi.

  16. Obscurcissement de la vue en regardant les objets éloignés (myopie), toute la journée. [Lr.]

  17. En marchant au grand air, obscurcissement de la vue pour les objets éloignés (myopie), pendant trois jours (apr. 1 1/2 h). [Lr.]

  18. Les vaisseaux de la sclérotique s’étendent jusqu’au voisinage immédiat de la cornée. [Lr.] (*en même temps, une douleur qu’il ressentait depuis longtemps dans les yeux ainsi que des taches sombres sur la cornée disparurent en deux jours)

  19. Douleur à type de pression dans le canthus interne gauche ; l’œil larmoie (apr. 24 h). [Ws.]

  20. Douleur sourde dans les deux yeux, comme s’il allait s’endormir. [Fr.H-n.]

  21. Sensation douloureuse dans les deux yeux, comme s’il s’efforçait de rester éveillé (apr. 2 h). [Fr.H-n.]

  22. Douleur sourde, sèche et somnolente dans les deux yeux, non aggravée par la lumière du jour la plus vive ni par le regard porté sur le feu. [Fr.H-n.]

  23. Sécheresse fatigante des yeux, exactement comme s’il n’avait pas dormi. [Fr.H-n.]

  24. Le soir, sensation de contraction venant des deux côtés dans les yeux, surtout dans les paupières supérieures, qui l’obligeait à cligner fréquemment (apr. 10 h). [Lr.]

  25. Douleur sourde contractive dans l’œil, en marchant au grand air.

  26. Par moments, cuisson dans les yeux ; des larmes brûlantes en coulent.

  27. Très fines piqûres dans le globe oculaire (apr. 11 h). [Fr.H-n.]

  28. Chassie dans les canthus internes, même pendant la journée.

  29. Chassie dans les canthus (apr. 13 h). [Lr.]

  30. Contraction simultanée des paupières supérieure et inférieure.

  31. Fluxion des yeux, au point qu’il devint presque aveugle. [Lobelius, advers., 210]

  32. Yeux enflammés ; il devint presque aveugle. [Bonnet, Merc. Compil., 13.-Sim.Paulli, Quadripart. Bot., class.3.]

  33. Douleur perforante très violente à l’intérieur de l’oreille droite, dans la région de la membrana tympani, comme poussant du dedans au dehors (apr. 7 h). [Ws.]

  34. Tension douloureuse à l’intérieur de l’oreille gauche (apr. 6 h). [Ws.]

  35. Raideur de la joue gauche en parlant et en mâchant, avec sensation de chaleur et quelques élancements fugaces isolés dans cette région (apr. 6 h). [Ws.]

  36. Non accessible.

  37. Éruption de boutons contenant du pus sur les alae nasi (apr. 1 1/2 h). [Lr.]

Après avoir employé la plante pendant un quart d’année.

Après trois mois d’usage interne d’Euphrasia pour une ophtalmie accompagnée de larmoiement.

Non accessible.

Simple citation de Lobelius (S. 29).

  1. Douleur tiraillante traversant transversalement la mâchoire supérieure (apr. 2 1/2 h). [Lr.]

  2. À midi, en mangeant, piqûres d’aiguille pénétrant d’arrière en avant dans la mâchoire inférieure gauche, au point même d’empêcher la mastication (apr. 7 h). [Lr.]

  3. Violents élancements allant d’arrière en avant, sous la mâchoire inférieure droite près du cou, qui disparurent rapidement au toucher (apr. 8 1/2 h). [Lr.]

  4. Fins élancements au menton, avec sensation de chaleur interne en cet endroit (apr. 1/2 h). [Ws.]

  5. Douleur lancinante dans les dents inférieures.

  6. (Battements dans deux dents, après avoir mangé et à d’autres moments.)

  7. Fort saignement des gencives T (apr. 1 h). [Fr.H-n.]

  8. En parlant, il répète fréquemment, aussi bien le premier mot — sorte de bégaiement — que, souvent, des phrases entières afin de s’exprimer autrement, alors qu’il parlait auparavant correctement. [Fr.H-n.]

  9. Goût fade dans la bouche.

  10. Le matin, goût amer en fumant du tabac (apr. 52 h). [Lr.]

  11. Le fait de fumer du tabac, auquel il était habitué, lui causait malaise et nausée ; le tabac avait pour lui un goût amer et âcre (apr. 14 h). [Lr.]

  12. À midi, faim sans appétit (apr. 54 h). [Lr.]

  13. Hoquet (apr. 5 min). [Lr.]

  14. Éructation ayant le goût des aliments.

  15. Pendant l’inspiration et l’expiration, quelques fines piqûres sous le scrobiculus cordis, le soir, en position assise (apr. 15 h). [Lr.]

  16. Distension de l’abdomen, apparemment sans flatulence, avant le dîner.

  17. Gargouillement indolore dans l’abdomen, comme lorsqu’on a faim et l’estomac vide (apr. 1 1/2 h). [Lr.]

  18. Sorte d’oppression dans l’abdomen, avec douleur pressive et brûlante s’étendant transversalement, au repos comme en mouvement (apr. 5 1/2 h). [Lr.]

  19. Pincements dans l’abdomen par courtes crises (apr. 3, 4 h). [Fr. H-n.]

  20. Douleur abdominale pendant sept heures (apr. 2 h). [Fr.H-n.]

  21. Une selle chaque jour, mais seulement dure et peu abondante.

  22. Pression sur l’anus, en position assise.

  23. Mictions fréquentes (apr. 3/4 h). [Lr.]

  24. Émissions fréquentes d’urine claire (apr. 2 h). [Ws.]

  25. Démangeaison voluptueuse sur le raphé du prépuce, obligeant à se gratter ; après le grattage et à la pression, la région est douloureuse (apr. 2 h). [Lr.]

  26. Plusieurs piqûres d’aiguille à la pointe du gland (apr. 1 1/2 h). [Lr.]

  27. En position assise, piqûres d’aiguille accompagnées d’une démangeaison voluptueuse sur le gland, qui devient douloureux après le grattage (apr. 10 h). [Lr.]

  28. (Dans les condylomes, douleur lancinante même en position assise, encore plus intense en marchant ; au toucher, ils sont douloureux comme s’ils étaient à vif et brûlants.).

  29. (Sensation de prurit dans les condylomes.)

  30. Les testicules sont rétractés vers le haut, avec fourmillement dans ceux-ci (apr. 12 h). [Ws.]

  31. Rétraction spasmodique des organes génitaux, avec douleur sourde au-dessus de l’os pubis, le soir au lit. [Ws.]

  32. Éternuements accompagnés d’un coryza fluent intense, durant lequel une grande quantité de mucus s’écoule par l’avant des narines ainsi que par les choanes (apr. 9 h). [Lr.]

  33. Le matin, coryza fluent abondant et forte toux avec expectoration (apr. 46 h). [Lr.]

  34. Pendant plusieurs jours, expectoration muqueuse abondante provoquée par une toux sèche volontaire. [Lr.]

  35. Toux la plus intense pendant la journée, avec mucosités dans le thorax qu’il est impossible de décoller.

  36. Toux seulement pendant la journée ; aucune toux la nuit.

  37. Pendant la toux, il perd haleine, presque comme dans la coqueluche.

  38. Respiration laborieuse, même dans la chambre.

  39. Difficulté à inspirer profondément, même en position assise.

  40. Fins élancements isolés sous le sternum, surtout pendant l’inspiration (apr. 10 h). [Ws.]

  41. Douleur dorsale crampiforme (apr. 1 h). [Fr.H-n.]

  42. Douleurs sourdes continues dans le dos, en position assise et en marchant (apr. 54 h). [Lr.]

  43. Douleur dorsale crampiforme intermittente, pendant une demi-heure (apr. 1 h). [Fr.H-n.]

  44. Sensation dans les bras comme s’ils s’étaient engourdis.

  45. Élancement engourdissant dans le bras gauche (apr. 1/2 h). [Lr.]

  46. Élancements sourds isolés à la face antérieure de l’avant-bras gauche, près du poignet (apr. 13 h). [Lr.]

  47. Dans l’avant-bras droit et la main, douleur comme si ces parties s’étaient engourdies (apr. 1 1/2 h). [Fr.H-n.]

  48. Déchirement sourd dans les articulations du coude et du poignet (apr. 2 h). [Ws.]

  49. Douleur semblable à une crampe dans les poignets, pendant une demi-heure (apr. 24 h). [Fr.H-n.]

  50. Douleur crampiforme dans le métacarpe. [Fr.H-n.]

  51. Dans le métacarpe, douleur semblable à une crampe, alternativement plus forte et plus faible pendant une demi-heure (apr. 1 h). [Fr.H-n.]

  52. Douleur sourde crampiforme dans la main gauche, après laquelle une douleur sourde constrictive passa dans les doigts. [Fr.H-n.]

  53. Douleur pinçante très pénétrante sur le dos de la main (apr. 3 h). [Fr.H-n.]

  54. Douleur pinçante dans la phalange proximale de l’index (apr. 3 h). [Fr.H-n.]

  55. Dans les jointures et les articulations des doigts, davantage vers leur face externe, douleur comme si elles s’étaient engourdies (apr. 1 1/2 h). [Fr.H-n.]

  56. Douleur crampiforme dans les doigts, surtout dans les articulations des doigts de la main gauche (apr. 1 1/2 h). [Fr.H-n.]

  57. Douleur lancinante dans l’articulation de la hanche gauche, en marchant.

  58. Violente piqûre d’aiguille dans les muscles postérieurs de la cuisse droite, seulement en station debout (apr. 1/2 h). [Lr.]

  59. Violentes piqûres d’aiguille dans les muscles antérieurs de la cuisse droite, en station debout (apr. 1/2 h). [Lr.]

  60. Douleur lancinante et tiraillante allant de la partie supérieure de la cuisse à l’aine, la plus intense en position assise (apr. 48 h). [Ws.]

  61. Seulement en marchant au grand air, démangeaison voluptueuse à la face antérieure de la cuisse, obligeant à se gratter, après quoi la région est douloureuse (apr. 9 1/2 h). [Lr.]

  62. Douleur lancinante avec secousses dans le genou gauche, en marchant.

  63. Fatigue dans les genoux, comme après une longue marche (apr. 4 h). [Ws.]

  64. En marchant, tension douloureuse dans les tendons du creux poplité, comme s’ils étaient trop courts, rendant la marche difficile (apr. 3 h). [Lr.]

  65. Élancements perforants continus remontant dans la diaphyse du tibia (apr. 1 1/2 h). [Lr.]

  66. En position assise, douleur tiraillante montant et descendant à la face antérieure du périoste de la diaphyse du tibia gauche (apr. 2 1/2 h). [Lr.]

  67. Après être resté longtemps debout, douleur crampiforme dans les mollets, avec sensation de pesanteur (apr. 2 1/2 h). [Ws.]

  68. Le soir, en marchant, démangeaison voluptueuse dans le mollet droit, obligeant à se gratter (apr. 12 h). [Lr.]

  69. En marchant et en position assise, tension allant de la malléole externe, près du tendo Achillis, vers le mollet.

  70. Craquement à la malléole externe gauche en posant le pied. [Lr.]

  71. Fourmillement chatouillant dans les orteils gauches ; la région est douloureuse après le frottement (apr. 2 h). [Lr.]

  72. Toute la nuit, piqûres fugaces et prurigineuses çà et là ; il se tourne et se retourne avec agitation dans son lit et ne parvient pas à se réchauffer suffisamment. [Ws.]

  73. Épuisement si intense dans tout le corps, surtout dans les membres inférieurs, qu’il doit faire un grand effort pour marcher — pendant toute la troisième journée. [Lr.]

  74. Très fatigué pendant la journée ; pourtant, la nuit suivante, une fois couché, il ne put s’endormir avant 2 heures environ — pendant trois nuits consécutives.

  75. Bâillements extraordinaires en marchant au grand air.

  76. Grande somnolence pendant la journée, bien qu’il eût dormi toute la nuit précédente.

  77. Somnolence qui semble commencer dans les yeux, pendant dix heures (apr. 1/2 h). [Fr.H-n.]

  78. Somnolent, mais néanmoins occupé. [Fr.H-n.]

  79. Somnolence sans pouvoir dormir, avec de nombreux bâillements. [Fr.H-n.]

  80. La nuit, réveils fréquents comme sous l’effet d’une frayeur. [Lr.]

  81. La nuit, rêves horribles d’incendie et d’être brûlé par la foudre (la 2e nuit). [Lr.]

  82. Accès pendant trois matins consécutifs : il se réveille la nuit après 3 heures à tout instant, puis, vers 6 heures, tombe dans un sommeil stuporeux sans rêves ; à son réveil, il ressent une pression dans la partie supérieure du thorax, et la tête est prise de vertige et pesante ; en même temps, il éprouve des nausées et une transpiration se répand sur tout le corps ; à chaque mouvement, même le moindre, le vertige augmente et le porte à tomber de côté ; simultanément, tous les membres sont faibles et tremblants ; lorsqu’il se lève, la partie supérieure de son corps lui semble trop lourde, comme si ses jambes ne pouvaient le soutenir ; l’accès décroît progressivement jusqu’à midi, avec disparition de la gaieté.

  83. Pâleur du visage — pendant une heure (immédiatement). [Fr.H-n.]

  84. Frilosité constante.

  85. Toute la matinée, frilosité interne ; mais l’après-midi (après 2 heures), grande sensation de froid dans les deux bras, qui étaient tout à fait froids.

  86. Frisson fébrile généralisé (apr. 1/2 h). [Lr.]

  87. Rougeur et chaleur des joues — pendant une heure (apr. 1/4, 1/2 h). [Fr.H-n.]

  88. Visage rouge et chaud — pendant une heure et demie (apr. 1/4 h). [Fr.H-n.]

  89. Bouffée soudaine de chaleur avec rougeur du visage et froideur des mains (sans soif) (apr. 1/4 h). [Lr.]

  90. Transpiration nocturne pendant le sommeil, cessant au réveil — pendant deux nuits consécutives.

  91. Pendant trois nuits consécutives, transpiration généralisée durant le sommeil, d’odeur forte, principalement sur le thorax (frilosité en se levant du lit).

  92. Silencieux, replié sur lui-même et peu disposé à parler, toute la journée. [Lr.]

  93. Paresseux, hypocondriaque ; les objets extérieurs n’avaient pour lui ni attrait ni vie.

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