Mentha Piperita
par John Henry Clarke — Dictionnaire de matière médicale pratique
Menthe poivrée. N. O. Labiées. Teinture de la plante entière. Dilutions de l’essence.
Clinique
Toux, sèche / Céphalalgie / Enrouement / Grippe / Prurit / Gorge, douloureuse / Voix, asthénie de la
Caractéristiques
Une pathogénésie remarquable de Menth. pip. fut réalisée par Demeures, qui prit une seule goutte de la teinture, dont les effets se prolongèrent jusqu’au troisième mois. On a rapporté un cas d’empoisonnement mortel par l’essence. Le patient, un garçon de six ans, prit entre 1 et 2 onces et mourut en deux heures. Lorsqu’on le vit, il était inconscient, les yeux fixes, les pupilles immobiles, la respiration stertoreuse, la peau froide, les lèvres livides. Le symptôme le plus remarquable de la pathogénésie fut la toux, et cela a été pleinement confirmé. C’était une toux sèche, provoquée par l’air entrant dans le larynx, par la lecture à haute voix, par l’exposition au froid, par des secousses de toute nature. Demeures dit qu’avec Menth. pip. il guérit tous les cas de grippe qui se présentèrent à ses soins durant l’hiver 1847-8. « Pour la toux sèche, quelle qu’en soit la cause, ce remède est ce que Arn. est pour les traumatismes et Aco. pour les affections inflammatoires. Il soulage même la toux des phtisiques. » Une seule globule du 30e suffisait. Demeures le donnait aux chanteurs peu de temps avant de chanter, et cela les aidait beaucoup à soutenir la voix. Après la pathogénésie, Demeures constata qu’il pouvait se lever plus tôt que d’ordinaire tout en se sentant alerte et dispos, alors qu’auparavant il ne le pouvait pas. Gibson Miller (J. of Hcs., v. 34) rapporte ce cas : Enseignant, 43 ans, depuis une coqueluche dans l’enfance, souffrait d’une toux sèche, crampiforme, < par temps froid. L’inhalation de la plus petite quantité de fumée, qu’elle fût de charbon, de bois ou de tabac, provoquait immédiatement un accès des plus pénibles. < par le moindre souffle d’air ou par tout brouillard. Presque pas d’expectoration. Voix rauque lorsqu’il essayait de chanter. Menth. pip. 30 fit complètement disparaître la toux et lui permit de rester assis dans une pièce pleine de fumée de tabac et de chanter avec netteté. Hansen le recommande dans . Colique bilieuse avec grande accumulation de gaz ; forte douleur du zona ; et comme remède externe dans le pruritus vaginæ. Les symptômes étaient < en se levant, > couché dans le lit. > pendant qu’on mange. < Air froid ; fumée ; lecture à haute voix ; en se courbant ; en tournant la tête ; en écrivant.
Relations
Comparer : les Labiées. < Par la fumée, Ign. < Brouillard, Hyper. < En se levant, > en étant couché, Bry. < Air froid, Rumex c.
Causalité
Lever matinal.
1. Esprit
Ardent au travail ; s’en acquitte rapidement. (A guéri une torpeur psychique, qui auparavant suivait toujours le lever matinal.) Inconscient.
2. Tête
Confusion. Céphalalgie : tension s’étendant vers les deux oreilles ; < au lever, > en retournant au lit. Lancinations aiguës de l’oreille vers la tête, en se courbant ou en tournant la tête. Céphalalgie frontale d’une tempe à l’autre. (Les cheveux cessent de tomber.)
3. Yeux
Éclairs devant les yeux en écrivant.
4. Oreilles
Toute la journée, en marchant, douleurs lancinantes d’une oreille à l’autre, comme si des abcès se formaient, < à g. En écrivant, de vives lancinations s’étendent de l’oreille g. à toutes les dents gauches.
5. Nez
Pointe du nez douloureuse au toucher (11e j.) ; tuméfiée mais non douloureuse (21e j.).
8. Bouche
Très violent mal de dents dans les molaires inférieures en mâchant un morceau de sucre.
9. Gorge
Gorge sèche et douloureuse à la déglutition, comme si une épingle était fichée en travers dans le pharynx. Lancinations passagères dans les parotides ; > pendant le petit déjeuner et le dîner. Gorge, en externe, douloureusement sensible au toucher.
11. Estomac
Le soir, deux heures après le dîner, pesanteur dans l’estomac qui semble s’étendre jusqu’aux oreilles.
17. Organes respiratoires
Toute la trachée, depuis le larynx jusqu’au creux de la gorge, est douloureuse au toucher. Voix rauque par la lecture à haute voix. (Donné à un chanteur quelques heures avant qu’il ne doive chanter, ce remède lui permettra certainement de tenir jusqu’au terme sans forcer sa voix.) Toux fréquente. Toux sèche, provoquée par le simple fait de parler ; expectoration chaque matin d’un mucus épais, comme le noyau d’un furoncle (du 4e au 8e j.). La toux sèche continue ; elle n’est pas causée par un chatouillement, ni par des accumulations de mucus dans les bronches, mais seulement par le passage de l’air dans le larynx (9e j.). La moindre sensation de froid provoque une toux (du 11e au 21e j.) ; la lecture à haute voix ; la fumée de tabac et la fumée de toute espèce la provoquent.
20. Nuque
Tous les muscles autour de la nuque sont douloureux au toucher.
23. Extrémités inférieures
Sensation sous le pied d., à l’extrémité du métatarse, comme si la semelle de la chaussure y était trop serrée.
25. Peau
La moindre égratignure devient une plaie. Boutons avec beaucoup de démangeaison près de l’oreille g., avec chaleur de la partie. Démangeaison fréquente derrière l’oreille d. Fourmillement dans le bras et la main en écrivant.
26. Sommeil
Sommeil bon, réparateur. Réveil précoce.