Coffea Cruda
By John Henry Clarke — Dictionnaire de matière médicale pratique
Café. N. O. Rubiaciæ. Teinture de baies crues.
Clinique
Apoplexie / Asthme / Douleur névralgique auriculaire / Colique / Convulsions / Diarrhée / Extase / Excitation / Céphalée / Cœur, hyperesthésie du / Hernie / Hyperesthésie / Hystérie / Fièvres intermittentes / Suite fâcheuse de la joie / Douleurs du travail / Métrorragie / Douleur névralgique / Hypersensibilité / Sciatique / Choc / Insomnie / Mal de dents
Caractéristiques
Les effets de Coffea cruda doivent être envisagés séparément de ceux de Coffea tosta, car la torréfaction transforme une grande partie de la caféine en cofféone ou méthylamine, qui donne au café son arôme. Mais les effets se distinguent à peine, et je n'ai pas essayé de les maintenir rigoureusement séparés. Les pathogénésies de Coff. c. ont été faites avec les baies crues. Coffea appartient à la même famille que China, Ipecacuanha et, comme ces remèdes, présente de nombreux symptômes de fièvre intermittente. On a remarqué que les buveurs de café qui contractent néanmoins la fièvre intermittente sont plus difficiles à guérir que ceux qui ne boivent pas de café. Le grand caractère de Coffea est l'exaltation des sens et de la sensibilité en général. La vue s'améliore, les petits caractères se lisent facilement; l'ouïe devient plus fine, et les bruits sont insupportables. L'odorat est exalté. Toutes les douleurs sont insupportables; elles s'accompagnent de peur de la mort. Les activités mentales sont exaltées. Les émotions soudaines, surtout la joie, produisent des symptômes dangereux. Grande sensibilité au toucher ou au contact. Ces symptômes rappelleront Acon. Guernsey la place au premier rang des remèdes contre l'irritabilité. Il en compare quatre autres, qui ont tous l'irritabilité à un haut degré, mais avec des concomitants différents: Acon., « craintif et angoissé; redoute les choses »; Aur., « suicidaire, se débat dans le lit (comme les femmes en couches) comme s'il voulait se blesser ou se tuer »; Cham., « méchant, grossier »; Coff., « éveillé, en mouvement continuel »; Nux v., « maussade, garde les yeux fermés; ne veut ni parler ni avoir affaire à qui que ce soit. » Staph. et Coloc. méritent aussi d'être mentionnés. Teste groupe Coff. avec Causticum. Il remarque que Coff. crud. dynamisé prévient ou neutralise, chez beaucoup de personnes, les effets du café torréfié. Cette action quasi isopathique, comme Teste le remarque avec justesse, n'est nullement propre à Coffea; les dynamisations de nombreux autres médicaments étant des contre-remèdes des effets secondaires des substances brutes. Hahnemann décrit ainsi la migraine des buveurs de café: « Elle survient le matin au réveil, augmentant peu à peu. La douleur devient insupportable, et parfois brûlante; les téguments de la tête sont très sensibles et douloureux au moindre contact. Corps et esprit excessivement sensibles. Les malades paraissent épuisés, se retirent dans l'obscurité, ferment les yeux pour éviter la lumière du jour; restent assis dans un fauteuil ou étendus sur un lit. Le moindre bruit ou mouvement excite la douleur. Ils évitent de parler, qu'on leur parle, ou d'entendre parler les autres. Le corps est plus froid que d'habitude, bien qu'il n'y ait pas de frissons; les mains et les pieds sont particulièrement froids. Ils ont de tout une répugnance, surtout des aliments et des boissons, à cause d'une nausée continuelle à l'estomac. Si l'accès est très violent, il se produit des vomissements de mucus, qui cependant ne soulagent pas le mal de tête. Il n'y a pas d'évacuation alvine. Ce genre de migraine ne cesse guère avant le soir. Si le paroxysme est moins violent, un peu de café fort, qui fut la première cause d'un tel mal de tête, produira un soulagement temporaire de la douleur, mais la disposition à rechuter en devient d'autant plus grande. Les accès surviennent irrégulièrement, tous les quinze jours ou toutes les quelques semaines, sans cause apparente, et tout à fait subitement, à tel point que le malade ne ressent souvent aucun symptôme pénible la veille au soir de l'accès. Je n'ai jamais vu un tel mal de tête que chez de véritables buveurs de café. » Il convient de s'enquérir soigneusement du régime des malades qui viennent se plaindre de maux de tête de cette nature. Plus récemment, le Dr Gilles de la Tourette (Lancet, 20 juillet 1895) a décrit les effets du café. À son avis, on les prend très souvent pour les effets de l'alcool: « vomissements matinaux de mucus glaireux, douleur au creux de l'estomac, langue fortement chargée, perte d'appétit. Le dégoût excité par la seule idée d'un aliment solide est tel que ces malades ne mangent rien d'autre que du pain trempé dans leur poison-café. Surviennent ensuite nausées, vomissements et éructations acides douloureuses. » Le pouls est ralenti. L'insomnie est fréquente, et s'il y a du sommeil il est troublé par des rêves effrayants, analogues à ceux qu'on rencontre dans l'alcoolisme. Les effets du café sont moins profonds que ceux de l'alcool, et disparaissent rapidement quand l'habitude est abandonnée. Symptômes particuliers : comme si la tête était trop petite; comme si quelque chose de dur pressait à la surface du cerveau; comme si la tête allait éclater et voler en morceaux si elle bougeait; comme si les intestins étaient coupés; comme si le corps allait éclater; douleur « serrante »; sensation de chaleur. Coffea convient aux personnes grandes, maigres, voûtées, au teint sombre. Tempérament sanguin-cholérique, affections de l'enfance et de la dentition. Diarrhée chez les ménagères qui ont beaucoup de soins et de tracas dans la conduite de leur ménage. Les symptômes sont > par la chaleur, et < en plein air (quoique, dans le mal de dents, les boissons chaudes <, les boissons froides >). Le toucher <; on voudrait frotter la partie, mais elle est trop sensible. Les moindres mouvements passifs sont perçus comme énormes; les enfants, parfois, ne peuvent supporter d'être portés. La plupart des symptômes sont < la nuit; il dort jusqu'à 3 heures du matin, après quoi il ne fait que sommeiller.
Relations
Contre-remèdé par: Acon., Cham., Ignat., Nux, Merc., Puls., Sulph., et surtout Tabac. (Teste). Contre-remède de: Bell., Cham., Cicut., Coloc., Lyc., Nux v., Strych., Valer. Il est incompatible avec: Canth., Caust., Coccul., Ignat. Bien suivi par: Aur., Bell., Op., Nux v., Lyc. Comparer: Cypr. (extase); Bry. et Cham. (mal de dents > par le froid); Aco. (prévoit l'heure de la mort); Coca, Codein, Coff. tost.
Causes
Effets d'une émotion soudaine, surtout agréable. Peur ou frayeur. Vin (les buveurs de vin devraient prendre du café; les buveurs de bière devraient prendre du thé). Surmenage et longs voyages.
1. Mental
Hypersensibilité; humeur pleureuse. Grande détresse; ne peut se calmer; n'est pas capable de tenir la plume; tremble. Extase sentimentale; imagination surexcitée; pouvoir de penser accru. Pleurs excessifs et lamentations pour des vétilles. Les douleurs paraissent insupportables, poussant au désespoir. Frayeur causée par des surprises agréables soudaines.
2. Tête
Douleurs dans la tête, comme si le cerveau était contusionné (comme si le cerveau était déchiré ou mis en pièces). Céphalalgie semi-latérale, comme si un clou était enfoncé dans l'os pariétal. Au vertex il sent et entend un craquement, lorsqu'il reste assis tranquillement. Lourdeur de la tête. Hyperémie de la tête, surtout en parlant (ou après une surprise agréable).
3. Yeux
Yeux vifs et rouges, avec une vue exceptionnellement nette; peut lire plus distinctement les petits caractères.
4. Oreilles
Sensibilité excessive de l'ouïe. Les sons musicaux paraissent trop forts et trop aigus. Dureté de l'ouïe, avec bourdonnements d'oreilles.
5. Nez
Épistaxis, avec lourdeur de la tête. L'odorat est plus fin.
6. Face
Chaleur de la face, avec rougeur des joues.
7. Dents
Élancements successifs et douleurs vives dans les dents, avec inquiétude, angoisse et pleurs, surtout la nuit et après un repas. Mal de dents, > par l'eau froide.
9. Gorge
Pharyngalgie; avec grande et douloureuse sensibilité, et tuméfaction du voile du palais; < en avalant.
11. Estomac
Goût de noisettes ou d'amandes douces dans la bouche. La fumée du tabac paraît particulièrement agréable. Sensation de faim immodérée, avec absorption rapide et hâtive des aliments. Soif accrue, surtout la nuit; elle le réveille. Vomissements bilieux. Crampes d'estomac, avec douleurs compressives et lancinantes.
12. Abdomen
Angoisse et oppression dans la région de l'épigastre. Les vêtements serrent. Colique, comme si l'estomac avait été surchargé, comme si le ventre allait éclater; ne peut supporter des vêtements serrés sur l'abdomen. Pression dans l'abdomen comme par flatulence incarcérée. Douleurs abdominales qui poussent au désespoir, surtout chez les femmes.
13. Selles
Matières fécales molles, avec évacuations fréquentes. Diarrhée, aussi pendant la dentition.
14. Organes urinaires
Émission abondante d'urine, surtout vers minuit.
15. Organes sexuels masculins
Grande excitation du désir sexuel, avec flaccidité ou forte irritation des parties génitales; sans émission de sperme, et avec chaleur sèche du corps.
16. Organes sexuels féminins
Irritation immodérée des parties sexuelles chez les femmes, avec démangeaison voluptueuse, sécrétion abondante de mucus, et écoulement fréquent de sang. Métrorragie. Douleurs du travail et douleurs post-partum insupportablement douloureuses.
17, 18. Organes respiratoires et poitrine. . Toux courte, saccadée, sèche, avec grande irritation dans le larynx, et agitation anxieuse. Oppression de la poitrine; obligé de prendre de courtes inspirations; la respiration soulève visiblement la poitrine. Toux nocturne (toux de la rougeole). Accès de suffocation.
19. Cœur
Palpitations du cœur; violentes, irrégulières, avec tremblement des membres. Palpitations nerveuses. Palpitations après joie excessive, surprise.
22. Extrémités supérieures
Tremblement des mains en saisissant quelque chose. Contractions crampiformes des doigts.
23. Extrémités inférieures
Crampes dans le mollet en fléchissant le genou. Crampes dans les plantes des pieds en fléchissant le cou-de-pied. Tremblement des pieds.
24. Généralités
Sensibilité douloureuse des parties atteintes. Grande souplesse des muscles, et activité de tout le corps. Excitabilité mentale et physique. Aversion pour le plein air, avec malaise et aggravation des symptômes pendant une promenade en plein air. Secousses des membres. Convulsions, avec grincement des dents, et froideur des membres. Frissonnement violent, avec augmentation fébrile de la chaleur corporelle. Fièvre avec angoisse inconsolable. Frisson avec colique et agitation violente. Les douleurs sont ressenties avec intensité, poussant au désespoir, et avec envie de pleurer. Larmes, hurlements, cris, agitation et découragement, surtout pendant le paroxysme douloureux. Cris des enfants. Angoisse du cœur et de la conscience, avec appréhensions. Il se sent exceptionnellement bien. Vivacité et loquacité excessive. Vivacité et élévation de l'imagination, avec acuité des facultés intellectuelles.
25. Peau
Éruptions (rougeole), avec surexcitabilité et pleurs.
26. Sommeil
Insomnie, par surexcitabilité de l'esprit et du corps (insomnie des femmes en couches). Insomnie due à l'excitation de l'imagination, à l'afflux d'idées, et à des visions fantastiques. Tendance à s'étendre et à fermer les yeux, sans pouvoir dormir.
27. Fièvre
Sensation de froid aggravée par tout mouvement. Sensation interne de froid, avec chaleur externe de la face et du corps. Frissons courant le long du dos. Chaleur sèche le soir après s'être couché, avec sensation de froid dans le dos. Chaleur sèche nocturne, avec délire. Sueur au visage, avec sensation interne de froid.