thuj
By James Tyler Kent — Leçons de matière médicale homéopathique
Thuja Occidentalis - LEÇONS DE MATIÈRE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE par JAMES TYLER KENT, A.M., M.D.
LEÇONS DE MATIÈRE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE
Ancien professeur de matière médicale au
Hering College, Chicago.
Thuja Occidentalis
L'aspect général du sujet Thuya, s'il offre un tableau caractéristique, est celui d'un visage cireux et luisant; on dirait qu'il a été barbouillé de graisse; il est souvent comme transparent; c'est un individu d'apparence maladive, qui semble entrer dans quelque cachexie.
C'est souvent le cas dans la constitution sycotique et dans la cachexie cancéreuse: sujet faible, cachectique, jaunâtre, ou souvent très pâle.
Peau
:
La peau manifeste de nombreux symptômes.
La sueur est particulière; elle a une odeur douceâtre de miel, parfois d'ail, forte et piquante.
Une odeur piquante émane des organes génitaux; la sueur des parties génitales a une odeur douceâtre rappelant le miel; il perçoit l'odeur de ses organes génitaux.
L'odeur rappelle aussi la corne brûlée, les plumes brûlées ou l'éponge brûlée. Ces odeurs fortes et particulières sont surtout présentes lorsqu'il existe des condylomes acuminés sur les organes génitaux, tels que Thuja les guérit.
La peau a partout sur le corps un aspect malsain et il y a une sueur abondante au premier endormissement, comme avec Arsenic.
Si vous n'aviez que cet aspect cireux tel que le produisent Arsenic et Thuja, vous pourriez prescrire Arsenic. Arsenic est souvent l'aigu et Thuja le chronique. Vous vous souvenez qu'Arsenic est habituellement un remède chronique.
Asthme
: On rencontre dans la sycose un état asthmatique particulier, et Arsenic paraît indiqué par les symptômes; mais il ne fait que soulager, il ne maîtrise pas la prédisposition; il agit comme Aconite dans les maladies aiguës et n'améliore qu'un instant.
Les états asthmatiques et beaucoup d'autres états sycotiques semblent réclamer Arsenic, mais il ne fera que pallier; le fond constitutionnel n'est pas atteint par Arsenic, ses symptômes fondamentaux ne sont pas semblables.
Dans la syphilis et la psore, Arsenic agit longtemps et extirpe les troubles lorsqu'il leur est semblable, mais il n'est pas semblable à la sycose. Arsenic ne va pas au fond du mal, mais Thuja et Natrum sulph. prendront la suite et guériront. Natrum sulph. et Thuja ramènent la manifestation primitive supprimée depuis des années.
Verrues
: La tendance du malade Thuja est de produire des excroissances verruqueuses molles, pulpeuses et très sensibles; elles brûlent, démangent et saignent facilement quand les vêtements les frottent. Des excroissances cornées qui se forment aux mains se fendent, poussent sur un pédicule et se gercent autour de leur base.
Excroissances en chou-fleur sur le col de l'utérus, autour de l'anus (comme Nitricum acidum), autour des grandes lèvres et, d'une façon générale, sur les membranes muqueuses.
Excroissances cornées, davantage sur la peau. Verrues de couleur brunâtre, surtout lorsqu'elles siègent sur l'abdomen et le corps; de grandes taches brunes, comme des taches hépatiques, se forment sur l'abdomen.
Zona autour de la poitrine, éruptions herpétiques partout, ici et là, comme Sepia, herpès labial et préputial. Le zona est une formation herpétique; de grandes plaques vésiculeuses apparaissent sur le corps, appelées « zona »; ici nous devons comparer Thuja, Rhus, Graph, Kali hydr., et Mezereum.
Cet état s'accompagne d'une grande somme de souffrances et de douleurs névralgiques. Dans les cas sycotiques, Thuya est particulièrement un grand remède.
Vous rencontrerez une catégorie de cas où les verrues ont été amenées à disparaître par le calomel, qui les fait se rider et tomber; tel est le traitement de l'ancienne école. Parfois un malade vient à vous avec des symptômes erratiques, et vous pouvez étudier pendant des heures ces symptômes sans y voir grand ordre; vous vous apercevrez que les traits dominants ont été laissés de côté et qu'il manque quelque chose.
Quelqu'un a appliqué Nitric acid, du calomel, ou autre chose, et a fait disparaître ces condylomes. Ces condylomes ne pouvaient survenir sans un fond constitutionnel; ces verrues ont une cause, et cette cause semble moins capable de rendre le malade souffrant lorsqu'il a ses verrues; il se sent mieux lorsqu'il a ses verrues. Chose étrange; lorsque ces verrues ont été supprimées, nous obtenons des symptômes de Nitric acid, Thuja, Mercurius et Staphysagria.
Thuja est au premier rang de tous les médicaments pour les symptômes provenant de la suppression de condylomes acuminés.
Thuja est éminemment un remède puissant lorsqu'il existe dans les antécédents une trace d'empoisonnement animal, comme morsure de serpent, variole et vaccination.
Il existe probablement plusieurs variétés d'écoulements urétraux; il en est une qui est sycotique, et lorsqu'elle a été supprimée, elle a produit un miasme avec sensibilité douloureuse de la plante des pieds et des genoux, et surtout à travers le dos, les lombes et les nerfs sciatiques, ainsi que dans les genoux et les articulations de la cheville.
Parfois cela affecte les membres supérieurs, mais surtout les inférieurs. Aggravation extrêmement violente à rester immobile, comme Rhus; fortes douleurs endolories qui augmentent tant qu'il reste immobile; il est très souvent contraint de garder le lit, et alors il bouge et se retourne continuellement. Il faut choisir un antisycotique.
Alors que ce groupe de symptômes serait guéri par Rhus quand le cas n'est pas sycotique, lorsque ces symptômes proviennent d'une blennorragie supprimée, Medorrhinum ou Thuja guériront.
Thuja entre dans cette sphère particulière et saisit ce cas particulier où la sycose est au fond. Parfois, lorsque l'écoulement a été supprimé, une orchite survient, et alors Pulsatilla sera le remède, et Thuja très rarement.
Thuja affecte le testicule gauche par une douleur constrictive intense, mais le plus souvent vous trouverez Pulsatilla comme remède.
En continuant l'étude de Thuja, nous voyons qu'il a une action profonde sur les glandes, avec des douleurs piquantes et déchirantes dans les glandes; les douleurs sont comme si la glande était mise en pièces. Cela peut être vrai des glandes en général, mais une glande particulière, l'ovaire, est plus affectée que toute autre, et surtout le gauche.
Femmes
: Ceci est si vrai que, si vous rencontrez une douleur violente dans l'ovaire gauche, survenant à l'époque des règles, se continuant pendant l'écoulement et s'étendant dans les cuisses, mais pouvant irradier dans toutes les directions, elle augmente lorsque le flux commence; douleurs piquantes, déchirantes, brûlantes, distensives, comme si les parties étaient arrachées, la faisant crier à haute voix; elle tombe dans un état hystérique. Voilà un groupe très marqué de Thuja. C'est l'opposé de Zinc. et de Lachesis, car chez ceux-ci le soulagement vient avec l'écoulement.
Beaucoup de femmes souffrent constamment de douleurs sourdes dans les ovaires; elles ont conscience de l'organe, qu'elles ne devraient pas sentir; douleur après s'être refroidies ou lors des changements de temps; l'augmentation de la douleur dans l'ovaire gauche en est le premier signe; parfois la douleur est si sévère que le droit souffre en apparence, par sympathie. Lorsque les ovaires sont affectés depuis quelque temps, il y aura des symptômes mentaux, une irritabilité extrêmement violente, de la jalousie, un esprit querelleur, de la méchanceté.
Cette irritabilité se manifeste volontiers envers les personnes de la maison, envers le mari et envers la mère; elle est pourtant capable de se maîtriser parmi les étrangers, et le médecin peut ne pas s'en apercevoir, parce qu'elle a par nature une disposition à tromper; elle veut être seule et s'installe dans des idées fixes; qu'elle est enceinte, ou qu'un animal est dans ses intestins, qu'on la suit, ou que quelqu'un marche à côté d'elle; elle pense que l'âme et le corps sont séparés.
Or, ce sont là des idées fixes, et il ne sert à rien d'essayer de les raisonner. Il lui semble qu'elle est très délicate, qu'elle est faite de verre et qu'elle va se briser. L'idée est qu'elle va se briser, et non qu'elle soit transparente.
Associés à cet état, nous avons de violents et intenses maux de tête déchirants, des déchirements dans l'œil, améliorés par la chaleur. Les douleurs du globe oculaire sont améliorées par la chaleur, et le reste par l'air frais du dehors.
Douleur localisée en de petits points. Comme un clou enfoncé dans la tête, sur le côté de la tête et au front, comme Ignatia et Anacardium. Ces douleurs prennent un caractère déchirant et atteignent le globe oculaire, le rendant si sensible qu'on peut à peine le toucher; pires par la chaleur et pires en étant couché; pires dans une chambre chaude et meilleures au grand air.
Les symptômes rhumatismaux de la tête sont pires par temps humide. Ils sont aggravés par les choses acides et aussi par les choses stimulantes et excitantes.
Les drogues brutes n'impriment pas la force vitale de façon aussi durable; mais chez un individu profondément sensible et convenablement sensible, aussi sensible au contagium, si vous entreprenez une pathogénésie en le donnant matin et soir, vous lui riverez un miasme pour la vie.
Si vous avez donné un médicament, attendez que les symptômes viennent et s'en aillent d'une manière naturelle. Dans une large mesure, telle est la tendance avec la sycose; la tendance est plutôt à l'extériorisation.
Nous voyons dans la pathogénésie d'un médicament ce que nous voyons dans la maladie. Lorsqu'une blennorragie est contractée, elle passe par la période prodromique, puis vient la maladie qui, si on la laisse tranquille, a dans sa nature une tendance à s'éradiquer elle-même de l'économie, et alors les malades ne souffrent pas d'états durables.
Dans l'ancienne école, on supprime toujours l'écoulement, et dans la nouvelle école il en est qui ne font guère mieux.
La répétition fréquente de l'exposition n'augmenterait pas la blennorragie elle-même, parce que la susceptibilité est satisfaite.
Prendre davantage du médicament pour en faire la pathogénésie ne fait pas tant de mal, pourvu que celui qui dirige la pathogénésie se rende compte du moment où les symptômes commencent à s'élever, et arrête alors le médicament.
Mais si nous poursuivons la pathogénésie en répétant les doses après l'apparition des symptômes, nous forçons le médicament dans l'organisme alors qu'il est déjà empoisonné, et par ce moyen nous obtenons une confusion des symptômes, la maladie médicamenteuse greffée sur cet individu pour la vie.
Bon nombre des pathogénésies de Thuja nous donnent cette sorte de confusion, de sorte que nous ne voyons que de temps à autre émerger des symptômes remarquables; en fait, la plus grande partie des pathogénésies de Thuja a été perdue, parce qu'il y a tant de confusion dans le grand nombre de symptômes, tandis que les premières pathogénésies avaient mis en évidence nombre de caractéristiques; les pathogénésies de Vienne ont, dans une large mesure, brouillé l'image de Thuja.
Ainsi, ce n'est que par l'expérience clinique que nous avons pu dégager les traits les plus fins de Thuja. Il faut plus qu'un simple écolier pour faire cela. Les nouvelles pathogénésies doivent être conduites d'une manière différente.
Affections catarrhales
:
Thuja présente quelques symptômes intestinaux remarquables; diarrhée matinale aqueuse, jaillissante, comme de l'eau sortant d'une bonde de tonneau.
Il existe aussi un état catarrhal général parcourant tout le corps; catarrhe du nez, des oreilles et de la poitrine. Dans le catarrhe de poitrine, il produit une toux sèche intense, avec expectoration matinale de mucus verdâtre, parfois une expectoration abondante. Il convient souvent à d'anciens cas de pneumonie, chez des individus ayant eu une blennorragie supprimée, une blennorragie à condylomes.
Les reins et les symptômes urinaires sont également remarquables; congestion et inflammation des reins, douleur aiguë dans les reins; urines brûlantes; inflammation de la vessie et de l'urètre qui n'est pas blennorragique; pus venant de la vessie; paralysie de la vessie, il faut attendre longtemps avant que l'urine commence à couler; rétention d'urine, besoin continuel d'uriner, déchirement dans l'urètre, sensation comme si l'urine coulait continuellement le long de l'urètre, comme Kali bich. et Petros.
Dans l'affection urétrale de caractère sycotique, Thuja l'emporte sur tous les autres remèdes. Dans la variété non sycotique, Cannabis sativa suffit, mais dans les cas que Cann. sat. a laissés non guéris et qui se sont révélés sycotiques, il améliorait la brûlure pendant et après la miction ainsi que l'écoulement épais jaunâtre verdâtre; mais un autre remède devait toujours suivre lorsqu'ils se montraient sycotiques. Il n'en va pas ainsi de Thuja, parce qu'il est capable d'achever le cas.
Dans les cas les plus violents, avec urines sanglantes, salacité extrême, grand tourment, écoulement sanguinolent et aqueux venant de l'urètre et de la vessie, aucun repos ni jour ni nuit, Cantharis intervient; il est capable d'achever le cas en quelques jours. Un tel malade doit être en excellent état de santé, ce qui n'est généralement pas le cas. Ce sont des buveurs et des fumeurs.
Le tabac est l'une des choses les plus gênantes que vous rencontrerez; beaucoup de cas ne guériront pas promptement s'il s'agit d'usagers du tabac et de grands fumeurs, de buveurs de vin ou d'hommes de bonne chère; ils courent beaucoup, mènent une vie mondaine, sont de grands viveurs, et avec de tels sujets vous avez affaire à un cas lent.
Avec un organisme ainsi délabré par la haute vie, vous n'obtiendrez peut-être pas d'action curative décidée avant de l'avoir forcé à abandonner son mode de vie. Mettez-le à un régime léger, diminuez le tabac, supprimez entièrement la boisson et imposez-lui un mode de vie parfaitement sobre.
C'est la première chose. Si c'est un homme de famille, nous avons à lutter contre une grande détresse mentale, et pas moins s'il s'agit d'une femme. On peut donc bien dire qu'habituellement le miasme sycotique est déjà, au départ, un miasme gênant, et qu'il embarrassera le jeune médecin.
On ne peut pas substituer la bonne méthode à une mauvaise, laquelle fera de lui un infirme pour la vie.
La suppression de la maladie, telle qu'on essaie habituellement de la pratiquer, ne peut être envisagée par l'homéopathe sincère et consciencieux.
S'il veut qu'on l'arrête brusquement, qu'il aille ailleurs; mais avertissez-le de ce qui arrivera, et il aura des maladies et des souffrances sans nombre.
Copyright © Robert
Séror 2000
Mise en page Copyright © Sylvain Cazalet 2000