Caladium
By James Tyler Kent — Leçons de matière médicale homéopathique
Caladium - LEÇONS DE MATIÈRE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE par JAMES TYLER KENT, A.M., M.D.
LEÇONS DE MATIÈRE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE
Ancien professeur de matière médicale au Hering College, Chicago.
Caladium
Caladium est un remède merveilleux ; peut-être certains d'entre vous l'ont-ils lu en essayant de le comprendre ; c'est un médicament difficile à comprendre, car il ressort avec une parfaite évidence des pathogénésies que le sujet d'expérimentation ne comprenait pas comment décrire et rapporter les symptômes ; il ne savait pas comment exprimer ses sensations parce qu'elles étaient si étranges ; il ne pouvait rendre compte de son état mental.
Esprit : Un individu concentre son esprit sur quelque chose qui semble s'être produit dans la journée, mais il n'est pas tout à fait sûr que cela se soit réellement passé ou non ; il y réfléchit, et pourtant il ne peut vraiment en être certain qu'en allant effectivement poser les mains sur l'objet auquel il pense ; il se prouve par le contact réel et l'observation que son impression vague était juste, qu'elle était vraie ; puis il s'en va et redevient indécis quant à savoir si cela s'est passé ou non.
Cela se rapporte à des choses qui se sont réellement produites.
"Très oublieux, il ne peut se rappeler", etc.
Cela a conduit à employer Caladium dans un grand nombre de différentes affections mentales, dans les pertes de mémoire où existe cet état vague de l'esprit.
Cela peut confiner à l'imbécillité, cela peut être aux frontières de la folie. Toute la journée il se surprend à rechercher les choses qui auraient dû être faites ; elles ont simplement échappé à son esprit ; il les a oubliées. Ainsi, l'esprit est usé par endroits.
Un état de distraction. Il peut survenir à l'état aigu, avec perte de connaissance. Il existe une congestion cérébrale importante, plus ou moins d'excitation, mais plus importante encore est la prostration de l'esprit, la faiblesse de l'esprit ; faiblesse mentale ; incapacité d'accomplir un travail intellectuel, c'est impossible.
Il ne peut penser ; plus il applique sa pensée à une chose, plus il éprouve de fatigue et plus cette chose semble lointaine ; plus il essaie, moins l'esprit se concentre sur un sujet. Il n'est donc pas étonnant que les expérimentateurs eux-mêmes aient été incapables de mettre ces idées en paroles de manière à nous donner une idée intelligible de la pathogénésie. C'est seulement en lisant entre les lignes, en employant le remède et en l'étudiant, que nous pouvons démêler cet écheveau embrouillé.
"Très pensif, distrait."
Dans les états aigus, il y a délire, excitation de l'esprit, perte de connaissance, stupeur. Lorsque l'état fébrile se prolonge, nous avons cet état mental. Ce remède est utile dans les fièvres continues.
L'une des choses les plus importantes à décider lorsque nous abordons l'état mental d'un remède, c'est de savoir si nous devons employer ce remède dans l'hystérie, dans le délire des diverses phases de la fièvre, ou dans la folie ; et, pour l'établir, nous nous tournons vers cette partie de la pathogénésie qui nous donne l'allure du remède.
Si nous voulons comprendre le délire de Belladonna et de Bryonia pour voir lequel conviendrait dans un cas donné, nous nous tournons vers l'action fébrile du remède et nous voyons quelle en est la nature ; l'allure nous indique en grande partie quel type de délire nous avons, si nous ne le savons pas d'après le délire lui-même.
Ainsi nous verrons qu'avec Belladonna il n'existe pas de fièvre continue, et comme un remède doit, par sa nature même, être adapté à la nature même de l'affection, il serait inutile de suivre les nombreuses injonctions écrites dans nos livres nous disant de donner Belladonna dans la forme aiguë du délire, dans la fièvre typhoïde ; mais Bryonia présente justement cet état ; par conséquent, nous verrons que Bryonia est utile dans de tels cas qui présentent des symptômes semblables aux siens, parce que l'allure de la maladie est semblable à l'allure de Bryonia, qui présente une fièvre continue.
Belladonna a une fièvre intermittente et rémittente, surtout rémittente, et par conséquent le délire aigu de Belladonna est semblable au délire aigu de la fièvre rémittente. Pour appliquer maintenant ce point ; la fièvre de ce remède est une fièvre continue ; elle ne comporte pas une grande intensité fébrile, mais c'est une fièvre continue ; nous verrons qu'il y a coma et stupeur dus à la fièvre ;
"délire, marmonnement inintelligible ;" prostration mentale.
Ce remède convient aux cas adynamiques, à marmonnement, épuisants, de fièvre typhoïde, aux cas évoluant de façon très lente ; délire peu actif ; mais marmottement ; une forme torpide de demi-conscience, très souvent coma ou stupeur comme Phos. ac., un esprit hébété.
Oubli chez des personnes psychiquement et physiquement prostrées par des excès sexuels ou par l'intoxication par le tabac. Il est indiqué chez de vieux débauchés incapables d'accomplir l'acte conjugal. Il éprouve le désir le plus tourmentant pour le sexe opposé, sans aucune capacité d'accomplir le coït. Idées lascives.
Ces hommes se tiennent au coin des rues et se repaissent des formes des jeunes filles qui passent, tandis que leur sperme s'écoule goutte à goutte ; état que l'on retrouve aussi dans Picric acid et Selenium.
On ne peut guérir ces malades que s'ils désirent se réformer et si l'on peut les inspirer à mener une vie meilleure. Sans cela, on ne peut les sauver, et ceux qui se complaisent dans de telles choses ne valent pas la peine d'être sauvés, et le médicament n'agira pas sur eux. Pour guérir, le malade doit employer sa volonté pour aider le remède.
Extrêmement nerveux ; a peur de sa propre ombre ; reste éveillé toute la nuit avec des pensées lascives, des appréhensions, surtout avant de s'endormir ; craint l'avenir. Crainte de contracter des maladies alors qu'il n'y en a pas autour de lui.
Cela alterne avec un état opposé. Par moments il est totalement incapable d'apprécier le danger. Il s'engage dans n'importe quel danger sans réfléchir. Hardiesse insensée. Nous pouvons résumer les symptômes mentaux en disant qu'il est extrêmement excitable.
Vertige : Vertige à la fermeture des yeux. Il ne peut ni se tenir debout ni marcher les yeux fermés, mais cela n'est pas, par ailleurs, suffisamment en rapport avec l'ataxie locomotrice pour être utile dans cette affection.
Sensation de balancement et de vertige après s'être couché et avoir fermé les yeux, comme dans un fauteuil à bascule. Vertige et nausées le matin avec élancement au creux de l'estomac. Il ouvre les yeux et demande :
"Où suis-je ? Que voulez-vous là, autour de moi ?"
Le texte est long et comporte de nombreux symptômes vagues. Les symptômes mentaux sont les plus importants.
Esprit : Le système nerveux tout entier est dans un état d'excitation. Il est rempli de peur ; il sursaute au claquement d'une porte, ou au froissement d'un journal. Il ne peut dormir s'il y a le moindre bruit. Tout se fait dans une grande hâte. Excitation nerveuse.
Le malade, en général, est aggravé par la chaleur et par la chambre chaude, et amélioré par l'air frais du dehors. Pourtant, il veut des boissons chaudes pour l'estomac. Désir de bière sans soif marquée. Il mange sans faim et boit sans soif. Des manifestations nerveuses fantasques parcourent tout le remède, montrant sa relation avec les malades neurasthéniques et hystériques. Éructations.
Peau : Il existe une sensibilité de la peau. Fourmillements ; reptation. Il a la sensation de toile d'araignée. Sensation d'une mouche rampant sur le visage. La sueur est douceâtre et, s'il se trouve dans une pièce avec d'autres personnes, pendant qu'il transpire, toutes les mouches viennent se poser sur lui.
Odeur douceâtre de la sueur, qui attire les mouches.
Cœur tabagique. Les symptômes nerveux du tabac sont semblables à ceux de Caladium, et Caladium est utile dans toutes sortes d'états nerveux, effets du tabac et de la cigarette. Il a maintes fois détourné complètement le malade de son cigare et supprime l'envie impérieuse qui empêche les fumeurs de rompre leur habitude.
Céphalées et états mentaux chez les fumeurs.
La démangeaison est violente, surtout autour des organes génitaux. Il est utile chez des femmes extrêmement nerveuses qui souffrent de pruritus vulvae, les tenant éveillées la nuit, accompagné d'une excitation anormale.
Selles molles, jaunes, pâteuses, boueuses, comme dans la fièvre typhoïde. Élancements comme par des couteaux dans le rectum. Il existe de nombreux symptômes urinaires. Urines nauséabondes, fétides, peu abondantes.
Battements dans l'estomac après la marche ; sensation de vide, trémulation dans l'estomac.
Organes génitaux : Désir sexuel violent avec pénis flasque. Impuissance. Érections lorsqu'il est à moitié endormi le matin, cessant lorsqu'il est entièrement réveillé.
Quand le désir est le plus prononcé, il n'a aucune capacité. Érections automatiques sans désir, fortes et douloureuses. Pendant l'étreinte, pas d'émission. Il provoque un écoulement urétral et est utile dans la gonorrhée.
Chez des sujets vigoureux, après suppression impropre de l'écoulement gonorrhéique, il arrive parfois que l'impuissance soit le résultat de cette suppression. Caladium a guéri aussi souvent que Thuja. Éruption prurigineuse au scrotum.
Le symptôme le plus frappant des organes sexuels féminins est le prurit ; elle est contrainte de se gratter, et ce tourment l'épuise dans son corps et dans son esprit.
Sommeil : Il existe quelques symptômes singuliers du sommeil. Tenu éveillé par la sensation de reptation. Insomnie due au prurit, surtout aux organes génitaux.
Il gémit et se lamente avec anxiété pendant le sommeil, au point de réveiller les voisins. Sommeil inquiet ; rêves anxieux, très nets, dont il se souvient mieux que des choses du jour. Il s'endort et continue à rêver du même sujet là où il l'avait quitté.
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Mise en page Copyright © Sylvain Cazalet 2000