Kalmia
By James Tyler Kent — Leçons de matière médicale homéopathique
Kalmia Latifolia - LEÇONS DE MATIÈRE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE par JAMES TYLER KENT, A.M., M.D.
LEÇONS DE MATIÈRE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE
Ancien professeur de matière médicale au
Hering College, Chicago.
Kalmia Latifolia
Généraux
: Les symptômes qui indiquent ce remède se montrent surtout dans les muscles, dans les tendons, dans les articulations, le long du trajet des nerfs, dans les affections rhumatismales.
Douleurs
: Les douleurs changent de place, douleurs erratiques, et sont aggravées par le mouvement. Les douleurs aiguës s'étendent des centres vers les extrémités, les douleurs erratiques descendent, le long des bras, le long du dos et le long des jambes; de l'épaule aux doigts, et des hanches aux orteils.
Ces douleurs lancent parfois comme l'éclair; d'autres fois elles déchirent le long des nerfs, le long des nerfs sciatique et crural, jusque dans les mollets. Chez les constitutions rhumatismales, les douleurs sont sourdes, déchirantes, broyantes et compressives, aggravées par le mouvement, et vont des membres inférieurs vers les membres supérieurs. Le mouvement déclenche la douleur ou l'aggrave quand elle est présente. Les douleurs de tête sont très violentes. Elles commencent souvent dans la nuque ou l'occiput et s'étendent jusqu'au sommet de la tête. Il existe aussi des douleurs au front, des douleurs au-dessus d'un œil ou des deux yeux, des douleurs névralgiques déchirantes aggravées par la chaleur et le mouvement.
Les douleurs viennent et s'en vont avec le soleil, c'est-à-dire qu'elles commencent le matin au lever du soleil et augmentent jusqu'à midi, puis déclinent peu à peu et disparaissent au coucher du soleil. Il est incapable de travail mental lorsqu'il est en mouvement et même lorsqu'il se tient assis, mais, couché sur le dos, parfaitement tranquille, sans faire le moindre mouvement, l'esprit fonctionne bien et avec clarté; au moindre mouvement cependant, même de la main, surviennent vertige et état confusionnel.
Le fait de se mouvoir le trouble et le rend incapable. Les douleurs sont aussi pires pendant la première moitié de la nuit. Avec ces symptômes il existe un trouble cardiaque d'origine rhumatismale. L'état s'est aggravé jusqu'à l'installation d'une affection organique, allant jusqu'à l'hypertrophie du cœur et des valvules.
Cœur
: Ce remède a guéri cet état. Palpitations très marquées en étant couché sur le côté gauche, > en étant couché sur le dos, parfois > en se tenant assis droit, < en se penchant en avant.
Ces seuls symptômes font ressortir nettement ce remède. Il est efficace chez les malades rhumatismaux lorsque la syphilis est à l'origine, dans le rhumatisme syphilitique qui a suivi l'évolution décrite jusqu'à ce que finalement le cœur soit atteint et qu'il existe un épaississement des valvules. Douleurs lancinantes à travers le cœur, douleurs dans la poitrine, pouls intermittent, pouls sautant de temps à autre un battement.
Le système artériel ou veineux, ou les valvules du cœur, ou les deux, peuvent être atteints. Dyspnée à la moindre sorte d'exercice, dyspnée cardiaque. Vous avez là un remède pour de telles plaintes. Il agit en profondeur dans les vieux cas de rhumatisme syphilitique et a guéri maint trouble cardiaque consécutif à la syphilis.
Vous serez surtout guidé vers lui si les douleurs errent d'un endroit à l'autre, et si elles vont de haut en bas, si elles descendent de l'épaule vers les doigts, des hanches vers les pieds, ou le long de la colonne vertébrale. Il convient aussi dans les vieux cas de rhumatisme blennorragique lorsque les symptômes concordent.
Le moindre mouvement, le moindre effort ou la moindre dépense de force provoque le vertige, et cela est dû à un trouble de la circulation. Le cœur est si sensible à tout effort qu'un trouble de la circulation du sang dans le cerveau survient au moindre mouvement.
« En position couchée, les facultés mentales et la mémoire sont parfaites, mais, dès qu'il tente de bouger, vertige. »
Si le malade persiste à bouger, nausées et vomissements s'ensuivent. Il présente des palpitations secouant tout le corps, des palpitations audibles, véhémentes. Il ne peut pas se coucher sur le côté gauche.
Il convient dans les anciens maux de tête rebelles, récidivants, liés à des affections cardiaques. Un mal de tête survient chaque jour si le soleil paraît, mais il ne survient pas si la journée est couverte. Il est aggravé par la lumière du soleil et par l'éclat croissant de ses rayons.
À cela s'ajoutent des paroxysmes de douleur qui sont nocturnes. Ce sont les douleurs osseuses, douleurs dans les tibias comme si le périoste allait être arraché; ces douleurs surviennent la nuit, ou pendant la première moitié de la nuit. Il est bien connu que, dans la syphilis, l'< est la nuit. C'est un remède antipsorique, antisycotique et antisyphilitique; on peut le choisir lorsque les symptômes concordent avec l'un quelconque des trois miasmes. Douleurs du péricrâne, douleurs des os les plus superficiels. Au lit, la nuit, les douleurs deviennent très violentes et durent toute la nuit.
Cette aggravation nocturne est particulièrement vraie pour les remèdes antisyphilitiques prononcés. On la trouve chez Hepar et Mercurius; mais dans aucun remède nous ne la trouvons manifestée d'une manière aussi frappante que dans la maladie, ou le miasme, syphilis lui-même.
Dans la syphilis, l'< vient avec le coucher du soleil. C'est un de ces ennemis de l'homme qui accomplissent leur œuvre pendant la nuit. Beaucoup des troubles de la sycose se conforment aux heures du jour, et les douleurs sont < du lever au coucher du soleil.
Les médicaments aussi ont de telles singulières bizarreries. Nous devons étudier les remèdes comme nous étudierions le caractère humain. Certains paraissent extrêmement fantasques, et c'est en connaissant ces choses fantasques, étranges et particulières que nous sommes capables de marquer le caractère du remède. Quand nous connaissons ces particularités, nous avons trouvé la circonstance dans laquelle le remède agit.
Reins
: Il existe des affections rénales.
Tous les organes sont en relation les uns avec les autres, mais surtout le cœur et les reins. Lorsque les reins ne fonctionnent pas bien, le cœur est très souvent troublé. À travers les formes variées de la maladie de Bright, le cœur est gêné.
Difficultés respiratoires, action cardiaque laborieuse, avec albuminurie. Il soulagera la respiration. De nouveau, associées aux affections rénales, nous avons de nombreuses affections oculaires, des troubles de la vision, et celles-ci aussi appellent tout particulièrement ce remède. Il est souvent indiqué dans la maladie de Bright, avec trouble de la vision, survenant pendant la grossesse.
Douleurs
: Pour les douleurs des yeux, les douleurs piquantes, déchirantes qui surviennent pendant un trouble rénal de la grossesse, ou pendant l'albuminurie, Kalmia devient un remède.
Ce remède est efficace dans la névralgie; névralgie de l'œil, névralgie de la face, douleurs violentes, déchirantes, dans la face. Parfois cela prend la forme d'un < nocturne et parfois la forme d'un < quotidien. L'aggravation dans la journée vient et s'en va avec le soleil. L'< nocturne survient en se couchant.
« Expression anxieuse de la physionomie » associée au rhumatisme du cœur.
« Rougeur de la face, avec vertige. »
Après la disparition d'une éruption herpétique, surviennent de violentes douleurs névralgiques, douleurs lancinantes, déchirantes, dans les nerfs qui innervent la partie où se trouvait l'éruption. Lorsque zona, teigne, herpès labial, ou éruptions vésiculeuses isolées disparaissent brusquement à la suite d'une cause violente, d'un traitement inapproprié, ou d'un refroidissement, de violentes névralgies prennent leur place et persistent jusqu'à ce que l'éruption reparaisse.
Ce remède devient approprié si les symptômes concordent; c'est-à-dire si l'ensemble du malade est en accord avec l'état du remède.
Les douleurs sont piquantes et déchirantes, très violentes, parfois coupantes et lancinantes, lorsque ce remède est le plus utile. La douleur semble s'emparer d'un nerf et s'y cramponner pendant de nombreuses minutes, venant avec violence, survenant subitement et lâchant prise subitement. Les douleurs surviennent dans les membres de la même manière, comme si le nerf était pincé par des tenailles, ou comme s'il était mis en pièces.
« Là, maintenant, c'est parti ! » dit le malade.
Très vite, de nouveau, vous verrez son visage dans un état d'horrible détresse. La douleur est là encore et il ne peut pas remuer un muscle, et « là, c'est parti ! » dit-il; puis elle reste absente pendant quelques minutes et parfois pendant des heures.
Cœur
: Le cœur présente de nombreux symptômes qui doivent être étudiés.
« Frémissement du cœur, palpitations du cœur. »
« Palpitations montant jusque dans la gorge, après s'être mis au lit, tremblement de tout le corps. »
Pouls très lent.
Je me souviens d'un malade, un vieux syphilitique, à qui l'on avait dit que s'il faisait jamais un mouvement violent il mourrait, tant les valvules de son cœur étaient gravement atteintes. Il avait tous les souffles qu'il semblait possible d'obtenir des valvules cardiaques.
Il avait voyagé partout et avait pris de fortes doses de Mercure, et son état syphilitique avait été dans une grande mesure supprimé, jusqu'à ce que finalement tout le trouble se localisât dans le cœur. Kalmia fit disparaître toute la dyspnée et les palpitations en quelques mois, et il s'écoula près de deux ans avant qu'il y eût un retour marqué des symptômes; une répétition le remit dans un état de santé tel qu'il n'eut plus besoin de médicament.
Cela montre à quel point Kalmia est un remède à action profonde, combien longtemps il peut agir, quels changements merveilleux il peut opérer. Un remède doit être capable de pénétrer profondément dans la vie pour accomplir de telles choses.
« Douleurs rhumatismales erratiques dans la région du cœur. »
« Lorsque le rhumatisme articulaire a été traité en externe et que des symptômes cardiaques s'ensuivent. »
Rhumatisme qui passe des membres inférieurs aux membres supérieurs. Il n'est pas rare de rencontrer de telles choses. Ces « frictionneurs » qui parcourent les rues avec un liniment puissant et un magnétisme marqué font souvent bel et bien quitter au rhumatisme l'articulation du genou, et lorsqu'il fait cela, l'organe qui souffrira vraisemblablement est le cœur.
Alors Kalmia, Aurum, Bryonia, Rhus tox., Ledum, Calc. et Abrotanum, et parfois Cactus, sont des remèdes qui se montrent adaptés à de telles affections cardiaques. Les affections rhumatismales que l'on chasse de cette manière sont déplacées sans être guéries. Les gens ne peuvent se rendre compte du danger qu'il y a à simplement faire disparaître des symptômes. Toute suppression qui n'est pas conforme à la guérison atteint les centres de l'homme, c'est-à-dire le cœur et le cerveau.
La friction est une chose dangereuse. Lorsqu'on vous importune de la question,
« Docteur, cela me fera-t-il du mal de me faire frictionner ? »
vous répondez : « Si la friction ne modifie en rien les symptômes, elle ne fera pas de mal. »
Dans la mesure même où elle atténue les symptômes ou soulage, dans cette même mesure elle nuit au malade, car toute l'économie vitale s'affaiblit. Il y a des cas où la friction est bénéfique, mais pas dans le rhumatisme.
Dans les muscles paralysés, c'est un exercice utile, car alors la friction peut tenir lieu de l'exercice que le malade ferait lui-même, de l'exercice des muscles. Mais la friction n'est pas admissible lorsqu'elle est employée pour diminuer la douleur. Plus elle est agréable, pire elle est pour le malade.
Chez un malade Phosphorus, vous seriez étonné du merveilleux soulagement qu'ils peuvent obtenir par la friction. Il n'y a pas de personne plus portée à être faible dans la vitalité, dans l'économie interne, que le malade Phosphorus. C'est un malade excitable, faible, qui se sent mieux par la friction et la réclame; mais s'il a du rhumatisme dans les genoux et que le genou est frictionné, le rhumatisme peut aller au cœur. Le malade Phos. aime être frictionné, parce que la friction soulage les symptômes; il aime être magnétisé.
« Épuisement de tous les membres; fuit tout effort. »
« L'asthénie est le seul symptôme général avec la névralgie. »
Cet état de faiblesse est un état dont vous pouvez tirer quelque chose. Quand une douleur violente épuise l'économie vitale, le cœur est menacé. Faiblesse générale, faiblesse prolongée après les couches, ou du fait de la douleur, comme nous le trouvons chez Hepar, mais avec la faiblesse, ces douleurs menacent de quitter leur siège et d'aller au cœur. Il est complètement exténué et continuellement fatigué.
Le texte ne mentionne qu'Aconite et Belladonna comme contre-remèdes. Spigelia suit très bien ce remède et l'antidote. L'acide benzoïque lui est un complément naturel. Calc., Lith. carb., Lyc., Nat. mur. et Puls. sont les remèdes étroitement apparentés et qui doivent être comparés.
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Mise en page Copyright © Sylvain Cazalet 2000